Pour dénoncer leurs conditions de travail, des salariés sans-papiers se rebiffent contre Burger King

Pour dénoncer leurs conditions de travail, des salariés sans-papiers se rebiffent contre Burger King

POLÉMIQUE - Des travailleurs sans-papiers de la chaîne de restauration rapide Burger King sont en grève. Soutenus par la Confédération générale du travail, ils dénoncent leurs très nombreuses heures supplémentaires non rémunérées et des conditions de recrutement plus que douteuses.

La CGT dénonce "un système d'exploitation bien rôdé". Les salariés sans-papiers travaillant la nuit dans des Burger King d'Île-de-France ont cessé toute activité et occupaient ce mardi un établissement de la chaîne de fast food pour dénoncer leurs conditions de travail et demander le paiement de toutes les heures effectuées, relaie la CGT qui les soutient.

"Ces travailleurs sans-papiers effectuent le nettoyage et le gardiennage de nuit dans six restaurants en Île-de-France, ils doivent acheter eux-mêmes leurs équipements, comme des chaussures de sécurité ou des gants", assure à LCI, Marilyne Poulain, responsable de l'immigration à la CGT. "Pour certains, ils font la plonge ou nettoient des friteuses avec des produits à base de soude, le tout pour travailler 5 à 6 heures par nuit où seules 3 heures sont rémunérées et déclarées", déplore-t-elle.

L'entreprise sous-traitante accusée de jouer "sur la vulnérabilité des travailleurs"

Vingt-trois salariés de la société Albiance, sous-traitante pour des Burger King d'Île-de-France, occupent depuis mardi matin l'établissement de la place de la République, à Paris, "au regard des agissements et de la crédibilité douteuse de cette entreprise", poursuit Marilyne Poulain.

Cette entreprise joue "sur la vulnérabilité des travailleurs marocains sans titre de séjour, à qui elle préconise de se procurer de faux passeports italien ou portugais". Pour les candidats venus d'Afrique subsaharienne, le groupe de nettoyage demanderait  à ce qu'ils fournissent "les documents d'un tiers", soutient la responsable syndicale, "sous le prétexte que tous les noirs se ressemblent et que les autorités n'y verront que du feu".

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Burger King veut des explications

"Nous sommes extrêmement attentifs au respect de la législation par nos services et par l’ensemble de nos prestataires", a assuré pour sa part auprès de l'AFP la direction de Burger King France, en soulignant attendre d'Albiance "des explications sur les faits extrêmement graves qui lui sont imputés". Joint par LCI, le géant de l'hamburger n'a pas souhaité faire davantage de commentaires.

Une plainte a été déposée auprès du Tribunal de grande instance de Paris et l’inspection du travail a été saisie. Dans la nuit de lundi à mardi 3 octobre, 10 contrôles se sont déroulés dans les restaurants soupçonnés. Par ailleurs, Albiance, Burger King et la CGT se réunissent ce mercredi en fin de journée afin de trouver un consensus. 

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