Pour empêcher les violences, Alliance propose d'"assigner les casseurs à résidence"

Pour empêcher les violences, Alliance propose d'"assigner les casseurs à résidence"

TROP C’EST TROP – Face à ce qu'il appelle "la haine anti-flic", le syndicat Alliance s’interroge sur les consignes de non-intervention reçues face aux casseurs lors des manifestations contre la loi Travail et appelle à manifester le 18 mai prochain.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : près de 300 policiers et gendarmes ont été blessés depuis plus de deux mois en France en marge des manifestations contre la loi Travail et plus de 1000 personnes ont été interpellées. Face à ces chiffres donnés par la préfecture de police, plusieurs syndicats des forces de l'ordre appellent à manifester le 18 mai prochain, place de la République à Paris.

Au vu du sentiment de "défiance relayé jour après jour contre des policiers fatigués, épuisés", Alliance, le syndicat majoritaire des gardiens de la paix, veut mobiliser "pour que tout cela cesse", annonce le syndicat dans un communiqué de presse. "C’est un appel au rassemblement des policiers pour faire face à la haine anti-flic et tous ceux qui stigmatisent la police", affirme à metronews Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance.

Les forces de l’ordre, fortement mobilisées depuis le début de l'état d'urgence et très sollicitées pour encadrer des manifestation toujours plus violentes et où se font entendre – entre autres – des slogans du type "tout le monde déteste la police", sont au bord de la crise de nerfs. L'affaire des deux affiches publiées par la CGT-Police n'a rien arrangé, suscitant une vive colère de la part des syndicats de police.  "Irresponsabilité", déplore le patron d’Alliance, qui exige que "l’Etat engage une action en justice contre ces attaques".

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Mais sa stigmatisation n'est pas le seul motif de colère d'Alliance, qui s’interroge notamment sur la passivité imposée aux forces de l’ordre lorsque des casseurs sont en action. "Ce qui est incompréhensible, c’est le temps que l’on doit attendre avant d’intervenir. Pourquoi attendre une heure face à des casseurs identifiés qui détruisent des vitrines, saccagent des panneaux publicitaires et nous provoquent ?"

"Assignation à résidence pour les casseurs"

Le 18 mai prochain, le syndicat de police a des attentes claires : "Que l’Etat rétablisse l’ordre républicain. Que l’on nous autorise à intervenir plus rapidement et montrer à la population que nous les protégeons". Selon le patron d’Alliance, "il y a clairement des hésitations dans les consignes et elles sont préjudiciables à la police et aux citoyens". Les mesures à mettre en place : "Que les casseurs soient interpellés vite. On pourrait peut-être préventivement les assigner à résidence dans le cadre de l’état d’urgence".

A la question de savoir si cette stratégie de laissez-faire du gouvernement est une façon de jeter le discrédit sur l’ensemble de la mobilisation sociale ? Jean-Claude Delage mesure cette logique. "Une partie de la hiérarchie ne prend pas ses responsabilités", tempère-t-il. Mais selon lui, "l’Etat devrait avant tout avoir plus de courage, comme par exemple interdire de telles mobilisations dans le cadre de l’état d’urgence". Face à la fatigue et à l’épuisement enregistré depuis plus deux mois, "les policiers n’en peuvent plus. Il faut que le gouvernement les soulage pour éviter ce genre de stigmatisation". Recevoir plus de soutien de la part des ministres et des instructions plus claires et rapides pour intervenir., telles sont les attentes d'Alliance.

Les forces de l'ordre n'ont "pas de désir de violence"

Très virulent face aux violences dont les forces de l'ordre sont victimes, Jean-Claude Delage se montre en revanche très prudent quand il est confronté aux violences policières, dont les vidéos pullulent après chaque manifestation.

Quant aux dénonciations des violences policières, le secrétaire général du syndicat reste prudent et demande que chacun prenne du recul. "Il faut analyser ces vidéos dans les deux sens et avoir l’ensemble du schéma pour juger. Si violence policière il y a, elles seront sanctionnées", conclut-il. Mais, assure-t-il une dernière fois, "il n’y a jamais eu, de la part des forces de l’ordre, un désir de violence".

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