Pour les greffiers en grève, "la coupe est pleine"

Pour les greffiers en grève, "la coupe est pleine"

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MOBILISATION - Les greffiers manifestent à Paris mardi pour réclamer la revalorisation de leur statut et de leur rémunération. Cette profession habituellement discrète, mais essentielle pour permettre à la justice d'être rendue, s'estime aujourd'hui déconsidérée.

C'est une profession de l'ombre qui a décidé de passer à la lumière. Mardi, les greffiers, "petites mains" indispensables de la justice française, sont en grève, une première depuis quatorze ans. La fronde des robes noires, qui réclament la revalorisation de leur statut et de leur rémunération, est née spontanément à la cour d'appel d'Agen il y a un mois, avant de gagner peu à peu les marches des autres palais de justice de l'Hexagone.

Parmi les griefs de ces 9.000 garants de la procédure judiciaire, le projet de réforme dite de la "Justice du XXIe siècle" du ministère, qui entend simplifier les procédures et désengorger les tribunaux. Plus particulièrement, l'une des mesures prévoyant la création d'une fonction de "greffier juridictionnel" qui prendrait en charge des compétences simples, jusque-là réservées au seul juge, telles que les divorces par consentement mutuel. En d'autres termes, un super-greffier aux missions élargies.

"Parents pauvres de la justice"

"Des tâches qui ne sont pas de mon ressort, c'est ce que je fais déjà au quotidien", déplore une greffière sous couvert d'anonymat. "La charge de travail n'a eu de cesse de grandir mais là, la coupe est pleine. J'aime mon métier mais il est devenu épuisant, le divorce est consommé", poursuit-elle amère. Pour les quatre principaux syndicats, qui ont fini par se greffer à la grogne, il est temps que soit reconnu cet état de fait par le biais notamment d'une revalorisation de la grille des salaires. Celle-ci n'a effectivement quasiment pas bougé depuis 2003. Actuellement, un fonctionnaire de premier niveau termine sa carrière à 2.315 euros bruts par mois.

Souvent discrets dans leur expression, les greffiers sont cette fois bien décidés à se faire entendre pour ne plus être "les parents pauvres de la justice", alors qu'une réunion sur leur statut se tient mardi entre syndicats et Chancellerie. La manifestation, qui a également reçu le soutien des deux principaux syndicats de magistrats, ira de la place du Châtelet jusqu'aux abords du ministère de la Justice. "Nous attendons des propositions concrètes sans quoi, préviennent-ils, le conflit va sérieusement se durcir".

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