Pourquoi certaines personnes sont-elles jalouses au point d'être insupportables ?

SOCIÉTÉ

PSYCHO – Metronews fait le tour de tous ces comportements qui vous tapent sur le système chez les autres... mais aussi chez vous. Appelés à la rescousse, des experts vous expliquent le comment du pourquoi. Enfants, vie quotidienne ou en voiture, tout y passe.

A deux heures du matin, en route pour les toilettes, vous trouvez Jules au téléphone dans le salon. En l'espace d'une seconde, le doute s'est frayé un boulevard dans votre esprit. Oubliés les WC, ce coup de fil vous taraude, laissant peu de chance à Jules de vous convaincre. Dommage. Parce qu'en fait, il bossait avec un client matinal aux US. Décalage oblige.

Bernard Gébérowicz, psychiatre, thérapeute du couple et auteur de J'arrête d'être jaloux(se) aux éditions  Eyrolles , décrypte en trois points ces pénibles moments de solitude.

► Ce qui se passe
"La jalousie est le plus souvent le fruit d'une grande anxiété, peur de l'abandon ou du rejet, ancrée à quelque chose d'ancien, l'enfance. Ce comportement avec l'entourage entraîne de la méfiance qui, dans les relations affectives, peut prendre beaucoup de place, rendant alors les échanges complexes. Si au commencement de la jalousie se trouvent les doutes, ce sont les certitudes qui génèrent la jalousie excessive.

La méfiance a pour mécanisme un raisonnement à l'envers. C'est-à-dire que l'on commence par la conclusion. Puis, on cherche les indices qui la valident. Dans ce raisonnement inversé, il n'y a aucune place pour l'autre. C'est une grande difficulté dans un couple, car le ou la conjoint(e) a l'impression qu'il ou elle n'a pas de prise sur la situation, si ce n'est que de l'aggraver en réagissant. Ce qui est décourageant", explique à metronews Bernard Gébérowiscz. En fait, la jalousie, c'est un peu comme un feutre qui traine au fond d'un sac sans capuchon. Si on n'y prend pas garde, petit à petit, il finit par tout bousiller.

 Ce que l'on ressent tous
"Trois marqueurs permettent de déterminer ou de percevoir la jalousie : 
1) La surveillance étroite des faits et gestes, ainsi que du matériel informatique (portable, téléphone). 
2) La restriction des contacts. La personne jalouse essaie de séparer son(sa) partenaire de toutes relations extérieures. 
3) La dévalorisation de l'autre. On ne peut pas nier la violence de ces marqueurs, synonymes d'emprise faite sur la relation. Une violence relationnelle dans laquelle ce qui était équitable devient asymétrique, où l'un prend l'ascendant sur l'autre. La dose de jalousie doit être acceptable afin de ne pas envahir la relation, au risque qu'elle ne flambe. À contrario, une absence totale peut être vécue comme un manque cruel d'intérêt. Ici aussi, la mesure est de mise, même si la culture de chacun joue pour beaucoup." décrypte le psychiatre. Equitable, c'est bon pour le chocolat, mais aussi pour Jules et moi.

► Comment s'en sortir
"Il est nécessaire de prendre soin de sa relation de couple afin qu'elle souffre le moins possible. Plus cette dernière est plaisante et épanouissante, moins le doute y trouve de place. Et s'il est parvenu à s'immiscer, être capable de parler de la façon dont le ou la partenaire se conduit à l'extérieur et faire attention dans certaines circonstances est un bon début. La personne jalouse peut, autant que possible, apprendre à gérer sa colère, à traiter ses émotions pour ne pas se laisser envahir tout en prenant soin, aussi de son amour propre. C'est un gros travail." conclut-il. Qui a dit que la vie à deux, c'était du gâteau ? Un ermite, sans doute !

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