Pourquoi certains deviennent-ils odieux au volant ?

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PSYCHO – Metronews fait le tour de tous ces comportements qui vous tapent sur le système chez les autres... mais aussi chez vous. Appelés à la rescousse, des experts vous expliquent le comment du pourquoi. Enfants, vie quotidienne ou en voiture, tout y passe.

Vous vous apprêtez à prendre la route avec Jean-Patrick, rencontré il y a deux semaines chez des amis, pour aller à un mariage. Sauf qu'après un kilomètre, le voilà qui vocifère et hurle à tout va, sous prétexte que la conduite de Môssieur est polluée par la cohorte d'andouilles motorisées qui l'entourent. Jean-Patrick n'est plus le même à peine la portière fermée et contact mis.

Jean-Pascal Assailly, psychologue chercheur à l'Institut Français des Sciences et technologies des Transports, de l'Aménagement et des Réseaux ( IFSTTAR ), et expert auprès du conseil national de la sécurité routière , décrypte en trois points ces comportements parfois troublants.

► Ce que l'on ressent
"En gagnant en confort, la voiture est devenue une seconde maison (accueillante, silencieuse). Comme une bulle, un utérus. A tel point que l'on ne sent même plus la vitesse. L'effet pervers est que les autres n'ont pas d'importance. A l'image du nourrisson, le conducteur retrouve la toute-puissance et la sensation d'être le maître du monde. Sentiment décuplé alors que l'espace se réduit, créant des réactions animales. Que les femmes n'ont pas voire très peu. Elles ne se transforment donc pas en louves sur la route. S'ajoute le fait que la route reste le dernier endroit où l'on peut être violent. Les 130 morts par semaine sur les routes françaises ne choquent personne" rappelle Jean-Pascal Assailly. A quand le retour des vans peace and love sur toutes les routes ?

► Ce qui se passe
"La plupart des 40 millions d'automobilistes ne conduisent pas comme ils vivent. De fait, il n'y a pas de correspondance entre leurs comportements au quotidien et ceux qu'ils ont au volant. Deux catégories émergent. On aura ceux dont le rapport à la règle est très altéré et qui conduisent dangereusement alors que par ailleurs, ils font particulièrement attention à leur cholestérol ou à leurs finances. Et à l'inverse, il y a ceux qui, au quotidien, prennent beaucoup de risques à travers par exemple la pratique de sports extrêmes, mais qui conduisent tranquillement, parce que la prise de risque sur la route ne les intéresse pas." En somme, être limite dans la vie ou au volant, il faut choisir.

Comment s'en sortir
"Quand on monte en voiture, la vie quotidienne est aussi du voyage. Sujets au stress, les conducteurs le transfèrent donc sur leur conduite. Pour autant, un divorce ne peut pas justifier de rouler à 150 à l'heure ou avec 4 grammes d'alcool. Si la relaxation et le yoga sont de bonnes pistes pour limiter la pression, penser à ses enfants, à ses passagers et plus globalement à la responsabilité que l'on a envers autrui s'avère être de bons freins. La voiture nous fait régresser, mais il y a nécessité à résister." Chiche de sourire plus de 4 fois pendant votre prochain trajet ? Allez courage, c'est pas la mer à boire !

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