Pourquoi l’Île-de-France est-elle la région qui affiche le plus faible taux de vaccination ?

Un centre de vaccination ouvert le week-end du 6 mars en Ile-de-France

VACCIN – La région parisienne a vacciné à ce stade 6,8% de ses habitants. Un taux en dessous de la moyenne nationale mais aussi de toutes les autres régions. Explications.

Quasiment trois mois après le lancement de la campagne de vaccination en France, force est de constater que les régions n’avancent pas au même rythme. Et avec 6,8% de sa population ayant reçu au moins une dose d’un vaccin contre le Covid-19, l’Île-de-France présente aujourd'hui le plus faible taux de vaccination de France. La région se trouve en-dessous de la moyenne nationale puisque, au 17 mars, 8,3% de la population a pu bénéficier d’une injection.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

5% en Seine-Saint-Denis, le double à Paris

Mais entre les huit départements franciliens, de fortes disparités existent. Tandis que la Seine-Saint-Denis a vacciné seulement 5,1%  de ses habitants, Paris s’en sort nettement mieux avec un taux de vaccination deux fois plus important, évalué à 10,1%. L’Essonne, le Val d’Oise, les Yvelines, le Val-de-Marne et les Hauts-de-Seine se situent quant à eux entre 6,2 et 6,6% de leur population vaccinée. 

Sur LCI, le Pr Frédéric Lapostolle, professeur de médecine d’urgence à Bobigny, est revenu sur le cas de la Seine-Saint-Denis, qui paye un lourd tribut de l’épidémie avec de nombreux indicateurs au rouge. "Il y a une hétérogénéité (en Ile-de-France, ndlr) et la Seine-Saint-Denis, qui a connu la plus forte mortalité de la France métropolitaine au cours de la première vague, qui a aujourd’hui la plus forte incidence, a le plus faible taux de vaccination par habitant. Dans la stratégie vaccinale, il y a un trou dans la raquette." 

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La Seine-Saint-Denis affiche le plus faible taux de vaccination par habitant

12 millions de Franciliens à vacciner

Si la vaccination traîne malgré des soubresauts avec des centres désormais ouverts le week-end, deux raisons peuvent expliquer assez logiquement le faible taux de vaccination en Île-de-France. D’abord, la région est de loin la plus peuplée du pays. En fait, si l’on regarde le nombre cumulé de personnes vaccinées, on s’aperçoit que l’Île-de-France est en tête avec 834.055 habitants ayant reçu au moins une dose. Mais avec 12 millions de Franciliens, le taux par habitant est forcément plus faible qu’ailleurs. À l'inverse, Bourgogne-Franche-Comté affiche le taux le plus haut avec 9,4% de vaccinés mais compte 2,8 millions d'habitants. La région se trouve donc en 11e position dans le classement régional des personnes vaccinées en cumulé, avec 260.532 habitants ayant reçu au moins une dose du vaccin. 

Ensuite, l’Île-de-France a une population plus jeune qu’ailleurs : selon des données de l’Insee de 2017, 60,8% des Franciliens sont âgés de moins de 44 ans et seuls 6,8% ont 75 ans ou plus. La vaccination étant aujourd’hui ouverte aux plus âgés, aux personnes vulnérables et aux soignants, la majeure partie des habitants de la région parisienne n'est tout simplement pas encore éligible. 

Pour le Pr Frédéric Lapostolle, la stratégie vaccinale en Seine-Saint-Denis n’a toutefois pas été la bonne : "Probablement ne fallait-il pas attendre que les patients viennent au vaccin mais faire en sorte d’aller au patient avec le vaccin. Et pour l’instant, ça n’a pas été fait." Partant du même constat, la ville de Saint-Denis a cherché à rectifier le tir et a ouvert un fichier intitulé "Alerte vaccins", permettant de recenser les personnes désireuses de se faire vacciner et de les alerter en cas de disponibilité. Disponible sur le site de la mairie, ce formulaire vise à "avertir et informer les habitants très vite", selon le maire Mathieu Hanotin au Parisien

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Mercredi 17 mars, le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis a consenti sur France Info à ce que de nouvelles mesures soient prises pour les Franciliens, mais à une condition : que la vaccination s’accélère. "Quelle que soit la solution retenue, tout doit être fait pour ancrer une campagne de vaccination beaucoup plus robuste, beaucoup plus solide dans le temps. Le temps est venu d’élargir les publics concernés par la vaccination", a plaidé Stéphane Troussel. 

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