Pourquoi la déflation serait une mauvaise nouvelle pour l'Europe

SOCIÉTÉ

FOCUS - Après Manuel Valls, François Hollande a souligné lundi les craintes d'une déflation en Europe alors que les prix à la consommation sont au plus bas. Metronews fait le point sur ce phénomène économique et ses conséquences.

Y a-t-il péril en la demeure ? Après Manuel Valls vendredi dernier, François Hollande a mis en garde lundi contre "un vrai risque déflationniste en Europe", pointant ses conséquences en termes de croissance et de lutte contre la dette. Le phénomène de déflation - en opposition à l'inflation - correspond à une baisse durable et générale des prix. Une bonne nouvelle pour les consommateurs ? Pas du tout, car le phénomène est révélateur de profondes difficultés économiques et ses conséquences peuvent être désastreuses. Un cercle vicieux néfaste pour les ménages. Dans ce contexte de baisse des prix, les ménages ont en effet le réflexe de différer leurs dépenses, en misant sur des prix toujours plus bas. La chute de la demande se répercute sur la production, entraînant des pertes pour les entreprises. Celles-ci sont alors contraintes de baisser les salaires, puis de licencier, licencier, alimentant un cercle vicieux d’affaiblissement de l'économie. C'est la spirale déflationniste. En parallèle, la pression joue sur le patrimoine des ménages, qui voient la valeur de leurs actifs, tels que l'immobilier, baisser.

Y a-t-il péril en la demeure ? Après Manuel Valls vendredi dernier, François Hollande a mis en garde lundi contre "un vrai risque déflationniste en Europe", pointant ses conséquences en termes de croissance et de lutte contre la dette. Le phénomène de déflation - en opposition à l'inflation - correspond à une baisse durable et générale des prix. Une bonne nouvelle pour les consommateurs ? Pas du tout, car le phénomène est révélateur de profondes difficultés économiques et ses conséquences peuvent être désastreuses.

Un cercle vicieux néfaste pour les ménages. Dans ce contexte de baisse des prix, les ménages ont en effet le réflexe de différer leurs dépenses, en misant sur des prix toujours plus bas. La chute de la demande se répercute sur la production, entraînant des pertes pour les entreprises. Celles-ci sont alors contraintes de baisser les salaires, puis de licencier, alimentant un cercle vicieux d’affaiblissement de l'économie. C'est la spirale déflationniste. En parallèle, la pression joue sur le patrimoine des ménages, qui voient la valeur de leurs actifs, tels que l'immobilier, baisser.

Le spectre de la Grande dépression. Parler de déflation, c'est agiter le souvenir de la Grande dépression aux Etats-Unis suite au krach de 1929. En l'espace de trois ans, les prix des biens courants y avaient baissé de près d'un quart, tandis que la production industrielle américaine avait été divisée par deux et le chômage avait littéralement explosé, passant de 3% à 24%. Une situation qu'aucune économie ne souhaite revivre.

Quelle est la situation en Europe aujourd'hui ? En zone euro, les prix sont au plus bas depuis quatre ans. S'il n'est pas encore question de déflation, on constate que la progression des prix a encore récemment ralenti, pour atteindre le niveau très faible de 0,4% en juillet, selon Eurostat. Et les économies les plus dynamiques de la zone ne font pas exception à la règle. L'Allemagne a ainsi enregistré son niveau d’inflation le plus bas en juillet, à 0,8%. En, ce qui concerne la France, les prix ont globalement stagné à un niveau tout aussi faible (0,5% en juin, selon l'Insee) au cours du second trimestre.

La fin du modèle économique basé sur la consommation ? Cette situation pourrait bien durer. Car "nous sommes aujourd'hui le Japon du milieu des années 90", estime l'économiste Pierre Sabatier, président du cabinet de recherche économique Prime View et directeur de l'ouvrage collectif Après la récession... Inflation ou déflation ?. La bulle spéculative immobilière et boursière dans l'archipel avait éclaté au début des années 90, ouvrant la voie à une longue période de déflation qui a miné l'économie nippone. En cause dans les deux cas : le vieillissement des populations. Deux piliers soutiennent en effet la demande, et donc la progression des prix, selon le chercheur : "le désir" et "la solvabilité". "Or, une population vieillissante est moins solvable et consomme moins. Dans ces conditions, la pression déflationniste devrait encore s'accroître dans les années à venir", estime Pierre Sabatier. Plus globalement, les économies européennes, actuellement en période de transition, vont devoir évoluer vers un modèle de moindre consommation".

Lire et commenter