VIDÉO - Pourquoi l’affaire Dupont de Ligonnès fascine autant

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FAIT DIVERS – Près de sept ans après le drame, la piste de Xavier Dupont de Ligonnès, soupçonné d'être l'auteur du quintuple assassinat de sa famille, a de nouveau été remuée ce 9 janvier, avec une intervention policière dans un monastère ou un personnage lui ressemblant avait été signalé. De quoi alimenter une fascination qui ne se dément pas, comme nous l'expliquait le psychanalyste Michel Lejoyeux.

Une avancée majeure dans l'enquête ? Avancée fondamentale ou simplement une piste de plus dans le mystère qui nimbe l'affaire Xavier Dupont de Ligonnès ? Toutes ces questions se posent à chaque fois que la moindre avancée se fait ressentir dans l'affaire du quintuple assassinat de la famille Dupont de Ligonnès. 


Ce fut le cas quand, en avril 2015, des ossements,des cartouches avaient été retrouvés dans le Var, non loin de l'endroit où le père, principal suspect dans l'affaire, avait été aperçu pour la dernière fois. Ç'a l'a également été le 9 janvier 2018 quand, sur la foi d'un signalement, 20 policiers ont perquisitionné un monastère à Roquebrune-sur-Argens où, sur la foi d'un signalement, ils pensaient trouver un homme ressemblant fortement à XDDL.

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VIDÉO - Restrospective sur l'affaire Dupont de Ligonnès

Une histoire affreuse en pleine bourgeoisie

Des nouveautés qui ne manquent jamais de relancer la fascination pour l'affaire. Les enquêteurs ont reçu près d’un millier de témoignages, tous explorés minutieusement. Régulièrement, des hôteliers ou des anonymes croient avoir aperçu Xavier de Ligonnès. Et aussitôt, les informations et les rumeurs se multiplient. Pourquoi autant de passion ?


En 2015, nous avions interrogé Thierry, journaliste à Nantes, qui avait couvert ce fait divers : "Le cas de Ligonnès intéresse, car c’est une histoire affreuse arrivée en pleine ville, dans un quartier bourgeois, touchant une famille apparemment sans problème, catholique, bien sous tous rapports. Les enfants étaient beaux, populaires." 

Satisfaction coupable et angoisse

C’est peut-être aussi pour cette raison que l’intérêt du public ne s’est jamais relâché. "Il y a un processus d’identification, chacun se dit que ça aurait pu lui arriver", constatait à la même époque le professeur Michel Lejoyeux, psychanalyste. Pour lui, de manière plus générale, le fait divers joue le rôle de thérapie : "On se rassure en lisant les malheurs des autres. Voir qu’ils vont moins bien que nous procure une espèce de satisfaction coupable."


Mieux, ces faits divers "nous distraient de nos angoisses" en devenant une fiction, dont le public suit les rebondissements : "Comme les contes horribles qu’on nous lisait étant enfants, mais qui ne nous intéressent que parce qu’il arrive des catastrophes."

Des émotions à moindre frais

Car ces comptes-rendus d’histoires sanglantes sont aussi une manière de se procurer des émotions, à moindre frais. "On peut se dire : 'Ah, c’est affreux, encore des choses horribles !' Nous éprouvons de la tristesse, nous nous sentons un petit peu inquiets, mais c’est mesuré. Ce n’est pas déplaisant !" constatait Michel Lejoyeux. 


Une tendance qu'il jugeait renforcée par un traitement "anxiogène, médical" de ces informations dans les médias : "Les meurtres sordides ont toujours existé. Mais avant, seuls les faits étaient relatés. Aujourd’hui, dans une société où la sécurité est la valeur première, on va essayer de trouver les failles, les dysfonctionnements de Xavier Dupont de Ligonnès. Cela ouvre le champ à toutes les supputations possibles."

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