Pourquoi les taxis font grève lundi

Pourquoi les taxis font grève lundi

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TRANSPORTS – Les taxis professionnels appellent à une grève nationale, lundi, pour dénoncer l'essor des Véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) et une législation à leur encontre jugée trop souple.

Les taxis professionnels passent la seconde. Alors que les Véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC, contrôlés par plusieurs sociétés dont Uber, Chauffeur-prive.com ou Allocab) sont sur tous les fronts depuis plusieurs mois pour dénoncer un décret leur imposant un délai de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge de leurs clients, cinq syndicats de taxis (CFDT, CGT, FO, SDCTP et CST) appellent à une grève nationale. Lundi, deux cortèges partiront des aéroports parisiens de Roissy et Orly pour converger dans la matinée vers les Invalides, à Paris. Des rassemblements sont aussi annoncés à Marseille, Bordeaux, Montpellier et Lyon. La raison de leur grogne est multiple.

En premier lieu, l'arbitrage du gouvernement n'a pas suffi à apaiser les syndicats. Ces derniers réclament des conditions plus strictes pour les VTC, dont une course minimum de 60 euros et un délai de 30 minutes entre réservation et prise en charge, au lieu de 15 actuellement. Ces mesures contraignantes permettraient d'empêcher les VTC de prendre des clients à la volée, alors qu'ils sont censés travailler sur réservation uniquement.

"Les VTC beaucoup plus libres"

Autres motifs de la grogne : la mise en circulation de 1000 taxis supplémentaires en région parisienne, début octobre, mais aussi le prix à débourser pour obtenir une licence. "Le coût varie entre 50.000 euros en province et 250.000 euros dans les grandes villes. Dans certains endroits, la plaque monte à 400.000 euros", explique à metronews Nadine Annet, vice-présidente de la Fédération nationale des artisans du taxi. Il faut encore compter 2500 euros pour l'appareillage du véhicule (lumineux, compteurs, imprimantes). La demande d'immatriculation d'un véhicule de tourisme s'élève, elle, au maximum, à 150 euros, et les VTC n'ont pas l'obligation de s'équiper d'une signalétique lumineuse très coûteuse.

"Contrairement à notre profession qui est extrêmement réglementée, les VTC sont beaucoup plus libres et ont beaucoup moins de frais à avancer. Le patron d'une entreprise de chauffeurs privés n'a qu'à s'inscrire à Atout France (l'Agence de développement touristique de la France, ndlr) pour se lancer", déplore-t-elle. En France, près de 50.000 taxis professionnels sont en circulation, contre un peu moins de 10.000 VTC, selon les dernières estimations.

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