Pourquoi Saint-Martin est-elle si vulnérable face aux cyclones ? Le climat n'est pas seul en cause

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EXPLICATIONS - L'île de Saint-Martin est plus exposée que d'autres îles aux cyclones notamment à cause de ses terres littorales basses et de son urbanisation intense dans les zones exposées aux risques. Les causes sont climatiques, géographiques, mais aussi économiques, sociales et même administratives. On vous explique.

Les géographes le savent, l’île de Saint-Martin est vulnérable aux aléas climatiques et notamment aux cyclones. La situation  de la collectivité française d’Outre-Mer est un handicap : le passage des ouragans y est plus fréquent que dans le reste de l’arc antillais. On en a recensé 17 durant le XXe siècle. Mais cette position géographiquee dans l'arc antillais n'est pas la seule raison qui explique cette plus grande vulnérabilité de Saint-Martin


Des terres facilement submergée, une urbanisation intense. La géographie même de l’île lui est aussi défavorable : les terres littorales sont basses – entre 1 et 3 mètres de hauteur – et donc facilement submergées lorsque la houle devient importante. Saint-Martin est également victime de sa démographie : l’urbanisation dans les zones exposées aux risques y est intense. Cela est notamment dû au développement touristique, avec de plus en plus de complexes hôteliers en bord de mer, et au développement des entreprises – une loi de défiscalisation leur permet en effet de déduire de leurs impôts les investissements réalisés en outre-Mer.

Un tissu urbain parfois fragile. Cet essor touristique a par ailleurs attiré une main d’œuvre bon marché, parfois des Haïtiens arrivés illégalement à Saint-Martin, ce qui a amené par conséquent le développement de bidonvilles et d’habitations plus fragiles. D’autant que le secteur du bâtiment est très artisanal et peu encadré à Saint-Martin, et qu'ainsi de nombreuses constructions ne sont pas aux normes.


Manque de coordination administrative. L’île pâtit enfin de sa répartition entre la zone française au nord et la zone néerlandaise au sud, entraînant un manque de coordination efficace : à chacun ses règles d’urbanisation, à chacun son protocole d’évacuation en cas de cyclone. Par ailleurs, l’Etat est beaucoup plus présent dans les départements d’Outre-Mer comme la Guadeloupe ou la Martinique que dans les collectivités comme Saint-Martin ou Saint-Barthélémy, qui jouissent d’une plus grande autonomie. 


Et pour beaucoup cette autonomie se concrétise par une désorganisation, voire une absence, de l’Etat. Le bâtiment de la préfecture de Saint-Martin n’a pas résisté au passage de l’ouragan Irma. Tout un symbole. 

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