Pourquoi tant d'orages ces dernières semaines ? On vous explique le principe de la "goutte froide"

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DÉCRYPTAGE - Depuis plus d'un mois, les orages se succèdent sur le pays à un rythme effréné. Le mois de mai a battu des records et juin pourrait bien faire de même. Retour sur une situation inédite depuis au moins 20 ans.

Vous avez l'impression qu'il n'y a quasiment pas eu de journées sans orage depuis le début du mois de mai ? Et bien vous avez presque raison puisque seule la journée du 2 mai n'a pas connu d'impacts de foudre en France. Sinon, le tonnerre s'est fait entendre tous les autres jours, avec une intensification et une multiplication des orages depuis une dizaine de jours. Cette situation, exceptionnelle, est liée à la présence d'une dépression portugaise qui ne semble pas vouloir s'en aller tout de suite... 

Une "goutte froide" responsable des orages

Depuis le milieu du printemps, la situation météo en Europe s'est inversée. Si traditionnellement à cette époque de l'année, l'anticyclone des Açores étend progressivement son influence en direction de l'ouest de l'Europe apportant ainsi de plus en plus de douceur et de soleil, il a décidé de prendre pour l'instant ses quartiers en Scandinavie ! Ainsi, le mois de mai a été le plus chaud, le plus ensoleillé et le plus sec jamais observé en Norvège ou encore en Suède avec des températures qui ont souvent dépassé les 25 voire même les 30°C à l'ombre ! 


Pendant ce temps, les conditions météo étaient dépressionnaires dans le sud-ouest de l'Europe... Ainsi, le Portugal, l'Espagne mais aussi le sud de la France essuyaient un temps souvent instable, orageux et frais, avec rarement plus de 20°C ! Ce temps plutôt digne de l'automne que du printemps est lié à la présence de petites dépressions au large du Portugal. C'est ce que l'on appelle en météo des "gouttes froides" car elles renferment de l'air froid en altitude et possèdent une forme de goutte, d'où leur nom. Leur position géographique favorise dans le même temps la remontée d'air chaud et humide depuis la Méditerranée en direction de la France. Ainsi, lorsque cet air chaud rencontre l'air froid de la dépression en altitude, un conflit de masses d'air se met en place et des orages peuvent alors se déclencher là où le conflit est le plus marqué, c'est-à-dire en France, le pays européen qui a d'ailleurs été le plus foudroyé en mai.

Pourquoi les pluies sont-elles si intenses ?

L'une des caractéristiques des orages qui ont balayé la France ces derniers jours et qui continuent à toucher de nombreuses régions, ce sont ces pluies parfois diluviennes et qui conduisent à des inondations de type "crue-éclair". Prenons ainsi l'exemple de la ville de Morlaix, dans le Finistère : elle a reçu ce dimanche en fin d'après-midi l'équivalent d'un mois de pluie en une heure dont 47 mm en moins de 30 minutes ! Lorsque de telles quantités de pluie tombent en un laps de temps aussi court, cela conduit inévitablement à des inondations car les sols ne peuvent absorber ces quantités aussi rapidement. Ainsi, les cours d'eau sortent rapidement de leur lit, c'est ce que l'on appelle une "crue-éclair". 

De telles quantités de pluie peuvent aussi s'expliquer par l'alimentation en air humide venu de Méditerranée qui est constante depuis la mise en place de cette situation. Par ailleurs, les orages se déplacent assez lentement car il n'y a pas beaucoup de flux en altitude. Ainsi, l'absence de forts courants ne permet pas aux cellules orageuses de se déplacer rapidement et les pluies peuvent alors s'accumuler sous les cellules orageuses qui touchent ainsi un même secteur pendant plusieurs dizaines de minutes voire pendant une ou deux heures. 


Le risque d'inondations, très difficile à localiser avec précision, persistera au cours des prochaines heures, notamment entre la Normandie et la Beauce ou encore vers la Franche-Comté. Météo-France a ainsi maintenu 17 départements en vigilance orange jusqu'à mardi matin.

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