Pourquoi vous avez sans doute moins entendu parler d'Isabelle Prime que d'autres ex-otages français

Pourquoi vous avez sans doute moins entendu parler d'Isabelle Prime que d'autres ex-otages français

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LIBRE - L'ex-otage française au Yémen est rentrée en France vendredi. Peu d'informations ont pour l'instant filtré sur ses conditions de détention et sa libération. Et pour d'autres otages, la mobilisation citoyenne et médiatique avait été plus forte.

Discrétion. Ce mot revient beaucoup dans la presse, depuis ce vendredi 7 août, pour qualifier les conditions de libération d’ Isabelle Prime , l’ex-otage française au Yémen, rentrée en France vendredi soir . Car peu d’informations ont filtré sur la captivité la jeune femme, âgée de 30 ans, sur ses ravisseurs ou encore sur le versement d’une éventuelle rançon. Discrète, Isabelle Prime semble d'ailleurs pour l’instant vouloir le rester. Si elle s’est exprimée à sa sortie d’avion, après la traditionnelle prise de parole du président de la République sur le tarmac de la base militaire de Villacoublay, c’est le visage en grande partie masqué par de grandes lunettes noires, une casquette vissée sur la tête.

“On n’entendait plus parler de rien…”

Au-delà, sa captivité a été moins médiatisée que d’autres prises d’otages de Français ces dernières années. Depuis son enlèvement avec son interprète yéménite, Chérine Makkaoui, le 24 février à Sanaa, et jusqu’à l’annonce de sa libération, on avait peu de nouvelles d’Isabelle Prime, hormis une vidéo mise en ligne sur YouTube début juin. Dans ce document de quelques secondes, cette consultante pour la société de conseil Ayala Consulting apparaissait le visage fatigué et appelait François Hollande à l’aide.

Des habitants de Châteaubriant, la ville d’origine d’Isabelle Prime, témoignent sur France 2 de ce peu de médiatisation ces derniers temps. “On n’entendait plus parler de rien, et, là [sa libération, ndlr], ça a été la bonne surprise”, confie l’une d’entre eux. “Ça fait chaud au cœur, quand même. Il y avait comme un laps de temps sans rien, sans nouvelles, et puis, là, comme un éclat qui arrive, c’est bien”, confirme une autre jeune femme.

Plus grande mobilisation médiatique et citoyenne pour certains otages

D’autres noms et d’autres visages viennent peut-être plus rapidement à l’esprit lorsque l’on pense à des anciens otages français à l’étranger. Affiches sur le parvis de l’hôtel de Ville de Paris, campagnes de Reporters sans frontières (RSF), messages en fin de JT pour dire que “nous ne les oublions pas”, rassemblements ou soirées de soutien en présence de personnalités ou de politiques, concerts… Sans que cela ne présage un traitement différent de leur dossier par les services de l’Etat, force est de constater que certains otages ont bénéficié d’une plus grande mobilisation sur la scène publique qu’Isabelle Prime.

Est-ce dû à la mise en place de comités de soutien en leur faveur ? A la durée de détention (cinq mois pour la trentenaire, contre dix pour le journaliste Didier François et ses compagnons d'infortune) ? A l’intérêt porté au pays où ils ont été enlevés ? Ou à une plus grande mobilisation des journalistes en faveur de leurs confrères ?

“Aujourd'hui, il n'y a pas d'intérêt véritable des lecteurs et des téléspectateurs pour ces contrées lointaines où le conflit est devenu endémique. D’autant que c’est difficilement rentable en termes médiatiques. On voit que presse écrite et presse audiovisuelle ne mettent plus vraiment les moyens pour couvrir cette actualité qui ne se justifie pas en matière de recherche d'audience”, pointait du doigt le directeur de recherches au Centre français de recherche sur le renseignement Gérald Arboit auprès de L’Express en 2011, notant une “mobilisation [qui] s’est essoufflée” en faveur des otages Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, un peu plus d’un mois avant leur libération, le 29 juin. Leur détention était pourtant autrement plus médiatisée…

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