Prendre en compte le bénévolat dans le calcul de la retraite, une bonne idée ?

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PROPOSITION – Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, remet ce mercredi un rapport de 50 propositions au président de la République, pour favoriser l'engagement citoyen. Parmi elles, la possibilité pour les bénévoles de faire valoir leur engagement au moment de la retraite.

Distribuer des repas à des familles défavorisées ou faire des maraudes auprès des SDF l'hiver pourrait bientôt aider à cumuler des trimestres pour sa retraite. L'idée pourrait séduire les plus de 15 millions de Français investis bénévolement auprès d'une association. Et devrait en convaincre certains de donner davantage de leur temps. L'idée figure dans le rapport sur l'engagement citoyen, rédigé par le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone  et qu'il va remettre ce mercredi à François Hollande.

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C'est après les attentats du mois de janvier que François Hollande a chargé l'élu de Seine-Saint-Denis de plancher sur " toutes les formes d’engagement et sur le renforcement de l’appartenance républicaine ". Résultat : 50 propositions, qui s'étendent, selon nos informations, de la construction de locaux communs dans les HLM à un nouveau statut "d'utilité civique" pour les associations (voir encadré). La cotisation pour la retraite du travail bénévole, si les contours ne sont pas encore clairement définis et dont le coût pourrait poser question, sera certainement l'une des mesures les plus commentées. 

"Recruter des bénévoles de tous horizons"

Aujourd'hui, un Français doit cotiser 172 trimestres avant de partir à la retraite, ce qui équivaut à 43 années minimum de travail. Les jeunes en service civique, l es femmes en congés maternité ou ceux qui effectuent un service militaire, cotisent déjà pour leur retraite. Mais le président de l'Assemblée Nationale souhaite le voir étendre aux personnes qui "consacrent une part important de leur temps à faire vivre une association d'utilité civique". Double objectif : renforcer l'engagement citoyen des Français et valoriser également l'activité des jeunes ou des demandeurs d'emploi. 

"C'est un point positif, se félicite Bruno Dumas, responsable des bénévoles aux Restos du cœur. Nous avons besoin de plus en plus de bénévoles et surtout, issus de tous les horizons : actifs, demandeurs d'emploi ou étudiants. Alors si en plus leur démarche est valorisée, tout le monde s'y retrouve".

Mais toutes les associations n'applaudissent pas des deux mains. "Nous restons très réservés, tempère de son côté Guillaume Douet, du Secours catholique. Cela fait perdre une partie du sens de l'engagement citoyen bénévole. Et pourquoi vouloir valoriser un engagement alors qu'en même temps, on assiste à une baisse généralisée des subventions ?" Même son de cloche du côté de France bénévolat. "Le bénévolat est un engagement volontaire, gratuit, au service des autres, précise l'association dans un communiqué. Nous sommes très favorables à tout ce qui incitera à l’engagement précoce et à la pédagogie (...) Il faut juste trouver le bon équilibre pour éviter que l’intérêt immédiat l’emporte sur la nécessaire générosité."

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