Préservation du patrimoine : Stéphane Bern suggérait seulement de faire payer l'entrée à Notre-Dame-de-Paris

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PATRIMOINE - Au lendemain d'un entretien accordé dimanche 12 novembre au "Parisien", où il avait annoncé sa volonté de faire payer l'entrée des cathédrales françaises aux touristes, le "Monsieur Patrimoine" d'Emmanuel Macron a précisé qu'il ne pensait en réalité qu'à Notre-Dame-de-Paris.

L'idée avait déjà été suggérée en 2014, sans que cela n'aboutisse. Dimanche 12 novembre, dans un entretien accordé au Parisien, l'animateur télé et chargé de mission de préservation du patrimoine Stéphane Bern a remis sur la table l'idée de rendre payante l'entrée des cathédrales françaises, dans le but de financer l'entretien et la rénovation de ces dernières et de générer des revenus sur les nombreuses visites dont elles font l'objet. 


"Il faut d’urgence faire payer l’entrée des cathédrales. On est le seul pays où leur accès est gratuit. Une ville comme Paris n’a plus les moyens d’entretenir son patrimoine religieux", s'insurge-t-il dans le journal francilien, mettant en avant l'exemple britannique : "A Londres, l’entrée à l’abbaye de Westminster est fixée à 24 euros ! Une autre idée intéressante outre-Manche : le National Heritage. Ce club compte 4 millions d’adhérents qui versent entre 150 et 200 euros par an. L’argent sert à entretenir et restaurer tous les monuments gérés par l’English Heritage. En contrepartie, ses membres ont une carte pour visiter tous les monuments et avoir accès une fois par mois à un événement dans un de ces lieux."

À Notre-Dame de Paris, près de 13 millions de visites par an

 À raison de 24 livres l'entrée, l'abbaye de Westminster génère chaque année environ 24 millions de livres, accueillant près d'un million de visiteurs. À titre de comparaison, la cathédrale Notre-Dame de Paris est admirée par près de 13 millions de visiteurs par an venus du monde entier, soit une moyenne annuelle de plus de 30.000 personnes par jour, avec des pics à 50.000 lors des jours de grande affluence. Pour celles de Beauvais, Reims ou encore Strasbourg, les chiffres s'élèvent entre 1 et 4 millions de visiteurs par an. De quoi générer des revenus non-négligeables. 


En 2014, lors d'une réunion entre le ministre de la Culture de l'époque, Fleur Pellerin, le Centre des monuments nationaux et les hauts fonctionnaires en charge du patrimoine, l'éternelle idée de faire payer l'entrée aux visiteurs des cathédrales avait resurgi, mais les représentants de l'Eglise s'y étaient catégoriquement opposés.


La proposition de l'animateur n'est pas passée inaperçue, politiques comme citoyens ou religieux lui rappelant que l'entrée dans les lieux de culte était par nature gratuite et que, rendue payante, cela induirait une inégalité supplémentaire entre ceux qui pourraient se la payer et les autres. Au lendemain de cet entretien accordé, l'animateur a également été interpellé sur Twitter par la sénatrice UDI Nathalie Goulet, qui voyait là une violation de la loi de 1905 :

Un message auquel Stéphane Bern s'est empressé de répondre, démentant une partie des propos qui lui avaient été attribués: "Je suggérais de faire payer l’entrée de Notre Dame aux visiteurs touristiques - qui empêchent du reste les croyants de se recueillir - en dehors des heures où s’y rendent les fidèles. On a déformé cette suggestion qui émane de l’observatoire du patrimoine religieux." Une proposition nettement plus circonscrite, donc, mais qui ne change finalement pas tant que ça le principe de rendre payant un haut-lieu touristique de France qui ne l'était pas auparavant.

Bern chargé de recenser le patrimoine français en danger

Depuis le mois de septembre dernier, Stéphane Bern, qui est propriétaire depuis 2013 du collège royal et militaire de Thiron-Gardais, situé en Eure-et-Loir, dont il finance depuis la rénovation, s'est vu confier par le président Emmanuel Macron la mission de recenser le patrimoine français à sauver d'urgence, le tout bénévolement. 


"Je suis aidé par le ministère de la Culture et la Fondation du patrimoine. Nous avons déjà reçu 1500 dossiers. Nous allons accorder la priorité aux urgences absolues. Pour marquer les esprits, nous allons essayer de sauver quatorze monuments symboliques en 2018. [...] Nous lançons une sorte de nouvelle croisade pour le patrimoine" explique-t-il.

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