Prières de rue à Clichy : le FN se saisit de la polémique entre des associations musulmanes et la mairie

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POLÉMIQUE - Après une manifestation vendredi 3 novembre pour protester contre les prières de rue qui ont lieu depuis 8 mois à Clichy, le FN a appelé le ministre de l'Intérieur à agir. De son côté, la mairie appelle à une manifestation, vendredi 10 novembre, pour demander la fin de ces prières.

À Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), des prières de rue devant la mairie créent la polémique. Vendredi 3 novembre, une quinzaine de militants de Forces Laïques ont manifesté au début de la prière pour exprimer leur mécontentement et dénoncer ce qu'ils considèrent contre l'expression cultuelle. Depuis le 23 mars 2017, une place devant l’Hôtel de Ville est occupée tous les vendredis par quelques centaines de fidèles qui assistent à la prière diffusée par haut-parleur. La raison ? Ils protestent contre l’expulsion de deux associations musulmanes d’un bâtiment servant de salle de prière, appartenant à la ville, suite à une décision de Conseil d’Etat d’août 2016. 


Friand de ce genre de polémique, le Front national s’est emparé du sujet en ce début de semaine par l’intermédiaire des députés du Pas-de-Calais et du Gard, Ludovic Pajot et Gilbert Collard. Chacun leur tour par communiqué, ils ont dénoncé ces prières de rue et appelé le ministre de l’Intérieur à agir.

Collard interpelle Collomb

Dans un communiqué publié sur le site du Front national ce lundi soir, Gilbert Collard en a appelé à l'action de Gérard Collomb, "sur les graves désordres qui portent atteinte à l’ordre républicain dans la commune de Clichy." Dans cette question à destination du ministre de l'Intérieur, le député du Gard affirme vouloir "savoir pourquoi la Préfecture ne disperse pas cet attroupement hebdomadaire qui exaspère les riverains."

Selon le député du Gard, ces prières de rue devenues hebdomadaires "sont destinées à alimenter un chantage illégal. En effet, les manifestants tentent d’obtenir de la Mairie le financement d’une mosquée ; ce qui serait totalement contraire à la loi de 1905", affirme-t-il.

La Mairie de Clichy inquiète "du quotidien des riverains"

Contactée par LCI, la mairie de Clichy a souhaité réagir à la polémique née des communiqués du Front national. L’entourage du maire confirme que depuis 8 mois, plus exactement depuis le 23 mars dernier, des prières de rue ont bien lieu tous les vendredis sur la place devant l’Hôtel de ville "depuis l’expulsion de deux associations d’une salle de prière". Malgré l’ouverture d’une "grande mosquée de 1500 m2", "les deux associations n’ont pas voulu y aller pour des raisons qui nous échappent", confie l’entourage du maire. Ces dernières s'en sont pourtant justifié à plusieurs reprises, les locaux se trouvant particulièrement exigus les jours de prière, où l'affluence est grande.


En plus de son incompréhension face à la situation, la mairie s’inquiète de l’effet de ces prières sur la population locale. "De manière très terre à terre, nous nous inquiétons du quotidien des riverains. Certains commerçants souffrent et il y a aussi les automobilistes qui doivent aller au travail", confie l’entourage du maire. La prière a lieu "sur un axe très occupé".  "Nous avons fait une demande au nouveau préfet et au ministère de l’Intérieur mais nous n’avons pas eu de réponse", poursuit-on du côté des dirigeants de la vile.

Un rassemblement d’élus prévu vendredi

Vendredi 10 novembre, à l’appel du maire de Clichy, Rémi Muzeau, une manifestation, où tous les maires et parlementaires d’Île-de-France sont conviés, est prévue devant la mairie de Clichy. Le but de la manœuvre est d’appeler à l’interdiction de ces prières de rue. "Nous voulons interpeller les pouvoirs publics avec une mobilisation Républicaine des élus", affirmait le maire de Clichy à nos confrères du Parisien.

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