Prisons : des associations demandent l’arrêt du financement des nouveaux établissements

SOCIÉTÉ
APPEL – Quelque 17 associations, dont la Ligue des droits de l’Homme, estiment que le plan de construction de nouveaux établissements pénitentiaires est "coûteux et contre-productif".

Elles sont 17 à s’être unies pour faire pression sur les députés. Ces associations de défense des droits de l’Homme ont demandé jeudi à l’Assemblée nationale de ne pas financer le volet du budget 2017 prévoyant la construction de nouvelles prisons. Parmi elles, Emmaüs France, la Ligue des droits de l’Homme, mais aussi l’Observatoire international des prisons, et plusieurs associations de professionnels de la justice et de syndicats pénitentiaires. Toutes appellent à se rassembler devant l’Assemblée nationale le 4 novembre, jour où les députés examineront le volet "justice" du projet de loi de finances pour 2017.

Plus d'un milliard d'euros pour les nouvelles prisons

Ce volet prévoit l’allocation d’une enveloppe de 1,1 milliard d’euros pour le lancement de la construction de 4355 places en maisons d’arrêt, ces établissements où sont détenues les personnes en attente de procès. Celles-ci sont les premières concernées par la surpopulation carcérale. Mais ce projet est jugé "coûteux et contre-productif" pour les signataires de l’appel aux députés. Selon ces 17 associations, ce projet de construction "néfaste" ne fera qu’alourdir davantage une dette de plus de six milliards d’euros, déjà contractées au cours des dernières années pour construire des prisons.  

Lire aussi

Quid des mesures alternatives à l'emprisonnement ?

La mesure avait été dévoilée fin septembre par le Garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, dans un effort de lutter contre la surpopulation de nombreux établissements. Mais les 17 organisations craignent que l’accompagnement des démarches d’insertion des détenus, les alternatives à la prison et les aménagements de peine, "plus efficaces en matière de prévention de la récidive", ne pâtissent de l’orientation choisie par le gouvernement. "L’accroissement du parc carcéral ne permettra pas de résorber la surpopulation, car il en traite les symptômes sans agir sur les mécanismes qui en sont à l’origine", ont affirmé les opposants dans un communiqué, affirmant s’appuyer sur "de très nombreux travaux de recherche en France et à l’étranger".

Lire aussi

En vidéo

Construction de 33 nouvelles prisons : un plan qui intervient à point nommé pour le gouvernement

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter