Privatisation des radars embarqués : et si ce n'était qu'un début ?

SOCIÉTÉ

UN PAS VERS LE FUTUR – L’externalisation des voitures radars était une recommandation du Conseil interministériel de la sécurité routière, émise dans un rapport d’octobre 2015. Ce rapport prescrivait d’ailleurs plusieurs autres en matière de contraventions, certaines déjà lancées, d’autres à venir. Metronews fait le point.

Les voitures radars des policiers bientôt conduites par des sociétés privées ? La nouvelle, publiée ce jeudi dans le Parisien , a fait tiquer. Et suscite, d’après 40 Millions d’automobilistes, le rejet de 83% des Français. En fait, a précisé le gouvernement dans la journée, le pilotage des voitures ne sera pas privatisé, mais "externalisé", c'est-à-dire confié à des "prestataires agréés" par l'Etat.

Ce dispositif sera expérimenté "à partir de fin août", avant une généralisation en janvier 2017. Le but : multiplier les contrôles opérés par ces voitures, actuellement sous-utilisées. "Les voitures ne tournent qu'1h13 par jour en moyenne", a expliqué Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière. Il aimerait voir le nombre de ces contrôles "multiplié par trois". Le parc des 319 voitures équipées de radars mobiles nouvelle génération (RMNG) sera également porté à 440 d'ici deux ans.

Les radars leurres déjà sur les routes

Cette mesure fait en fait partie d’un catalogue de recommandations, annoncées par le Conseil interministériel de la sécurité routière en octobre dernier, pour tenter d’enrayer la hausse de la mortalité routière enregistrée en 2014 (3 385 morts, +3,5% par rapport à 2013). Cette augmentation s'est poursuivie pour la deuxième année consécutive en 2015. Il suffit donc de se plonger dans les 22 "mesures fortes", et 33 "mesures complémentaires" prescrites par le CISR pour obtenir un petit avant-gout de la sauce à laquelle les automobilistes vont être croqués. Si plusieurs mesures s’attaquent en effet à la prévention des conduites à risques, de nombreuses autres mettent l’accent sur le durcissement des contrôles.

La mesure numéro 1 a déjà été lancée par le gouvernement. Il s’agit de "multiplier par 4 le nombre des zones sécurisées par des dispositifs de contrôle automatisé", en installant notamment des radars "leurres". En clair, les panneaux seront toujours là, mais le radar sera peut-être faux. Les premiers radars leurres ont été installés en février dernier. Objectif : couvrir 100 itinéraires d’ici la fin de l’année, et 1000 d’ici 2020. Dans le même registre, la mesure 4 propose d’augmenter la proportion des radars autonomes déplaçables, en portant leur nombre à 2050. C’est annoncé pour fin 2016.

Des radars multi-fonctions...

Mais il n’y a pas que la vitesse. Toujours selon le rapport, une autre mesure qui pourrait bientôt s’annoncer, les radars multi-fonctions : il faudrait, selon la CISR, "développer et augmenter le nombre d’infractions constatables" par les machines, pour l’instant souvent limitées à la vitesse : feux rouge, respect des distances de sécurité, détection des dépassements dangereux, franchissement de ligne continue… Pour cela, le nombre de radars va passer de 42 00 à 47 00 sous trois ans.

La CISR suggère d’ailleurs d’étendre le nombre des infractions pouvant être constatées sans avoir besoin d’arrêter le véhicule. Par exemple, une amende pour le non port du casque pourrait vous être envoyée directement, sans que les policiers n’aient eu à faire arrêter le véhicule sur le bas-côté. Mais tout simplement par vidéoverbalisation ou radar automatisé avec envoi de contravention.

... et même des drones

Et les prouesses techniques au service de la contravention n’en sont qu’à leurs débuts : le CISR propose d’expérimenter l’utilisation de drones au service de la sécurité routière, ou encore l’utilisation des systèmes de lecture automatisée des plaques d’immatriculation, pour lutter contre le défaut d’assurance des véhicules.
Et si avec tout ça, vous êtes pris en flagrant délit de dépassement de vitesse, les forces de l’ordre pourraient bien être plus sévères qu'aujourd'hui. Comme, conseille le CISR, d’immobiliser administrativement le véhicule en cas de grand excès de vitesse ou encore de défendre l’idée devant Bruxelles de faire installer un système d’alerte de dépassement de la vitesse sonore, sur les véhicules.

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