Prix de l’électricité : attention, ça risque d'augmenter

SOCIÉTÉ

ENERGIE - Dans son dernier rapport sur le coût de la production nucléaire d'électricité, la Cour des comptes juge que ces derniers devraient continuer d'augmenter dans les prochaines années. Une progression notamment liée au démantèlement des installations et à la gestion des déchets qui pèseront d'autant sur les tarifs pratiqués par EDF.

La facture d'électricité devrait encore grimper à l'avenir. La Cour des comptes s'est montrée pessimiste, mardi, sur l'évolution du coût de production de l'énergie nucléaire par EDF, qui représente près des trois-quarts de la production totale d'électricité en France. Celui-ci a en effet bondi de 21% entre 2010 et 2013, pour atteindre 59,8 euros/MWh, selon les dernières estimations de l’institution. Une progression qui s'est déjà ressentie sur le tarif de l'électricité , qui a augmenté de 5% en août dernier et doit subir une hausse similaire cet été.

Et ce n'est pas prêt de s'arranger. Achats de combustible nucléaire, coût du personnel, impôts, logistique... Plusieurs facteurs contribuent à rendre la facture salée pour les consommateurs d'électricité. Et les dépenses d'EDF ne s'arrêtent pas là. Pour les sages du palais Cambon, les charges liées au démantèlement des installations (+3,6% depuis 2010) et la gestion des déchets (+7,6%) vont peser à l'avenir sur le coût de cette source d'énergie.

Allonger la durée de vie des centrales pour faire baisser les coûts

Dans ces conditions, la volonté affichée de Ségolène Royal de maîtriser la facture des Français au cours des trois prochaines années s'annonce plus qu'ambitieuse. Le coût de l'électricité nucléaire produite par EDF représente en effet environ 40% du prix de l’électricité payé par les consommateurs.

La Cour reconnaît toutefois l'impossibilité d'estimer le coût de la production d’électricité à l'avenir sans intégrer de multiples hypothèses, notamment la volonté du gouvernement de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production d'électricité totale, dans le cadre de la future loi sur la transition énergétique. Elle avance cependant une affirmation. Un seul élément, selon elle, apparaît susceptible de faire baisser les tarifs à l'avenir : allonger la durée d’exploitation des réacteurs de 40 à 50 ans. Mais l'argument risque fort de déplaire aux opposants de l'atome.

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