Procès Alain Penin : la première victime a vu "la mort dans ses yeux"

Procès Alain Penin : la première victime a vu "la mort dans ses yeux"

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JUSTICE - La première journée du procès d'Alain Penin, accusé du meurtre sordide de Natacha Mougel, a été marquée par le témoignage de sa première victime. Sylvia Peromingo a été violée en 2004. Elle était sûre qu'il recommencerait. Et que cette fois, il tuerait.

Elle ne connaissait pas Natacha Mougel mais elle connaît son meurtrier présumé . Elle a vu "la mort dans ses yeux". Sylvia Peromingo est la première victime d'Alain Penin, dont le procès s'est ouvert ce lundi devant la cour d'assises du Nord. L'homme de 42 ans est accusé du meurtre d'une joggeuse, Natacha Mougel, à Marcq-en-Barœul, en septembre 2010.

A la barre ce lundi, Sylvia Peromingo a raconté comment, six ans plus tôt, cet homme massif s'est rué sur elle alors qu'elle aussi faisait un jogging : "Il était appuyé sur une rambarde. J’ai voulu faire demi-tour, je l’ai trouvé bizarre (…) Il m’a tout de suite étranglée en me disant "si tu cries je te tue !". Il avait un tournevis et un couteau". C'est avec un tournevis qu'il s'acharnera sur Natacha Mougel dont le corps mutilé sera retrouvé dans un champ de maïs.

"Je voulais gagner du temps sur ma mort"

Sylvia Peromingo, elle, a survécu. Pour "rester en vie", elle a essayé de "garder le contact" avec lui. Durant les deux longues heures où il l'a violée. "Je voulais gagner du temps sur ma mort. Je savais que cette envie de tuer était présente", a-t-elle assuré. Alain Penin, qui a pris dix ans pour ce premier viol, a assuré de son côté n'avoir "jamais eu l'intention de la tuer". Entendue en 2008 sur la demande de libération conditionnelle de son agresseur, Sylvia Peromingo avait pourtant mis en garde : "Non, il ne faut pas. Il recommencera et il tuera". Mais la deuxième expertise psychiatrique, parlant d'un "risque limité de récidive", jouera en la faveur du violeur. Il sortira après avoir effectué la moitié de sa peine.

Un peu plus tôt dans la matinée, l'enquêtrice en charge de se pencher sur sa personnalité a décrit un homme complexé, coupé de sa famille, ayant un rapport compliqué avec les femmes. Mais elle a également parlé d'une personne appréciée de ses collègues. "Il est malin, rusé. Il sait très bien où est le bien et où est le mal, mais il a toujours été du côté du mal", a répliqué sa sœur Annie, également appelée à témoigner à la barre. Ce lundi, Alain Penin a une nouvelle fois reconnu les faits. "Pour les quatre infractions ?", a demandé la présidente. "Oui", a-t-il répondu. Alain Penin est poursuivi pour "enlèvement", "séquestration avec actes de torture et de barbarie", "tentative de viol avec arme", et "homicide volontaire". Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

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