Procès Alain Penin : les regrets du juge qui l'a libéré

Procès Alain Penin : les regrets du juge qui l'a libéré

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MEURTRE – L'ancien juge d'application des peines, qui avait accordé une libération conditionnelle en 2009 à Alain Penin, accusé un an plus tard du meurtre de la joggeuse Natacha Mougel, a exprimé ses regrets.

"Avec le recul, je regrette ma décision". Le deuxième jour du procès d'Alain Penin , accusé du meurtre sordide de la joggeuse Natacha Mougel, a été marqué par le témoignage de l'ancien juge d'application des peines. C'est lui qui a signé l'ordonnance de remise en liberté conditionnelle d'Alain Penin en septembre 2009. Un an plus tard, le corps mutilé de Natacha Mougel était retrouvé dans un champ de maïs.

"La décision, je l’ai prise après un délibéré, en sous-pesant tous les éléments (...) en mon âme et conscience, même si malheureusement elle a entraîné par la suite des conséquences dramatiques", a déclaré Loïc Binault par visioconférence. Alain Penin avait été condamné en 2006 à 10 ans de réclusion criminelle pour l e viol deux ans plus tôt d'une autre joggeuse , Sylvia Peromingo. Après avoir effectué la moitié de sa peine, il avait formulé une demande de libération conditionnelle.  "Elle était recevable en droit", a expliqué l'ancien juge, désormais en poste dans une fonction différente au TGI d'Angers.

Expertises contradictoires

Alain Penin présentait "des efforts sérieux de réinsertion", avec "une promesse d'embauche aux Restos du Cœur" et une "place en foyer", a-t-il détaillé. "Il s’engageait à respecter toutes les obligations particulières mises à sa charge (...) il n’excluait pas de se soumettre à une castration chimique si dans le futur il rencontrait des problèmes de pulsions".

Pour prendre sa décision, le juge a néanmoins ordonné une expertise psychiatrique. Le docteur Notardonato, qui a expliqué lundi à la barre avoir travaillé sans consulter les rapports précédents auxquels  il n'a pas eu accès, conclura à un "risque de récidive limité". La précédente expertise, réalisée un an plus tôt, indiquait que le danger de récidive était difficile à évaluer. "Je regrette ma décision. Alain Penin a manipulé tous les professionnels qui étaient susceptibles de lui venir en aide", a conclu Loïc Binault. Ce à quoi le principal intéressé a répondu : "À aucun moment je n’ai cherché à tromper quelqu’un. Mais avec le recul, je me dis que peut-être, j’aurais dû parler de ces pulsions."

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