Procès Bettencourt, acte trois : la juge Isabelle Prévost-Desprez à la barre

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JUSTICE - La magistrate Isabelle Prévost-Desprez s'explique à partir de ce lundi devant ses pairs à Bordeaux sur des "fuites" au quotidien "Le Monde" dans l'enquête sur l'affaire Bettencourt. Elle est poursuivie pour violation du secret professionnel.

Une juge devant ses pairs. La magistrate Isabelle Prévost-Desprez s'explique à partir de ce lundi au tribunal de Bordeaux pour "violation du secret professionnel" dans l'affaire Bettencourt. Elle est soupçonnée d'être à l'origine des "fuites" au quotidien Le Monde dans cette enquête dont elle fut un acteur-clé avant d'en être dessaisie. Un délit passible d'un an de prison et 15.000 euros d'amende.

Ce nouveau procès Bettencourt ouvre le troisième volet d'un dossier judiciaire hors normes, dépaysé dans la métropole girondine pour avoir mis en ébullition le Parquet et le Tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) durant plusieurs mois. La partie civile n'est autre que l'héritière du groupe de cosmétiques L'Oréal, Liliane Bettencourt, aujourd'hui âgée de 92 ans, atteinte de la maladie d'Alzheimer et placée sous tutelle. La femme la plus riche de France est "dans un autre monde", confiait en février son tuteur Olivier Pelat, qui représente la milliardaire.

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Des SMS à un journaliste

Spécialisée dans les affaires politico-financières et bien connue de la sphère médiatique, Isabelle Prévost-Desprez s'est forgée dans l'affaire Bettencourt une réputation de magistrate tenace et indépendante. Mais en 2010, l'avocat d'alors de Liliane Bettencourt, Me George Kiejman, porte plainte pour "violation du secret professionnel". La juge est soupçonnée d'avoir fait fuiter les détails d'une perquisition au domicile de la milliardaire, le 1er septembre 2010, qu'elle avait ordonnée et qui avait été relatée le jour-même dans Le Monde par le journaliste Jacques Follorou. Or Isabelle Prévost-Desprez avait co-signé avec lui, quelques mois plus, tôt un livre autobiographique.

Pour sa défense et sans jamais nier ses relations amicales avec Jacques Follorou, Isabelle Prévost-Desprez a reconnu lui avoir adressé deux SMS ce jour-là. Le premier envoyé à 09h13, quelques minutes après le début de la perquisition, visait selon elle à confirmer un déjeuner avec leur éditeur. Dans le second, envoyé à 10h48, douze minutes seulement après la mise en ligne de l'article du Monde, elle démentait avoir été présente lors de la perquisition chez Liliane Bettencourt. Mais l'enquête n'a pas permis de retrouver le contenu de ces messages.

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