Procès Bonnemaison : deux ans de prison avec sursis pour l'ex-urgentiste

Procès Bonnemaison : deux ans de prison avec sursis pour l'ex-urgentiste

EUTHANASIE – La cour d'assises d'Angers a condamné Nicolas Bonnemaison à deux ans de prison avec sursis. L'ex-urgentiste de Bayonne, qui a injecté des produits létaux à sept de ses patients malades pour abréger leur souffrance, est reconnu coupable d'"empoisonnement" sur une d'entre eux.

Après plus de six heures de délibéré, la cour d'assises d'Angers a rendu son verdict. Nicolas Bonnemaison est condamné à deux ans de prison avec sursis, la peine minimale possible dans son cas. L'ancien-urgentiste de Bayonne est finalement reconnu coupable d' "empoissonnement" par sédatif sur un seul de ses patients en fin de vie, Françoise Iramuno, dont la famille s'était portée civile.

Jugé dans un second procès en appel depuis le 12 octobre, Nicolas Bonnemaison est partiellement condamné, puisqu'il était jugé pour l'empoisonnement de sept personnes. L'avocat général Olivier Tcherkessoff avait requis vendredi cinq ans de prison avec sursis à son encontre, reconnaissant que l'ancien médecin n'est "pas un assassin, pas un empoisonneur au sens commun de ces termes", mais estimant qu'il a bien "provoqué la mort délibérément" de six des sept malades.

"J'ai agi en médecin"

Nicolas Bonnemaison a été reconnu coupable d'avoir délibérément donné la mort à une patiente, Françoise Iramuno, avec la circonstance aggravante de connaître sa particulière vulnérabilité, mais a été acquitté pour les six autres patients pour lesquels il était jugé. Il est resté tête baissée, impassible, à l'énoncé du verdict.

"La médecine, c'est ma vie", a déclaré samedi matin l'ex-urgentiste de Bayonne, avant que les jurés ne se retirent pour délibérer. "J'ai agi en médecin et je vous le dis avec beaucoup de sincérité", a-t-il asséné. Tout de noir vêtu, visiblement ému, Nicolas Bonnemaison a dit "(penser)" à la patiente qu'il a examinée pour un traumatisme crânien à l'unité d'hospitalisation de courte durée de Bayonne, où il pratiquait, "le 10 août 2011 quand on est venu me chercher", pour le placer en garde à vue.  "Je n'ai pas oublié cette dame et j'espère que ce ne sera pas la dernière patiente de toute ma vie", a lancé cet homme de 54 ans, radié par le Conseil de l'ordre en juin 2014.

Accusé d'avoir injecté des produits létaux

Nicolas Bonnemaison était accusé d'avoir, entre mars 2010 et juillet 2011 au Centre hospitalier de la Côte basque à Bayonne, injecté des produits létaux à sept patients âgés, incurables, et dont on avait arrêté les traitements, pour abréger leurs souffrances, et leur vie. L'ex-urgentiste, décrit par les experts-psychiatres comme "hyper-compassionnel" au point d'être "pas assez lucide", n'avait informé ni soignants, ni familles, pour "protéger les proches" et leur éviter un choix "délicat". Il avait été acquitté en première instance à Pau en en 2014.

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