Procès Bonnemaison : "La maladie avait gagné, le docteur a fait ce qu'il fallait"

Procès Bonnemaison : "La maladie avait gagné, le docteur a fait ce qu'il fallait"

PROCES - C'est un témoignage très attendu. Celui de Patricia Dhooge, qui viendra prendre la parole vendredi à la barre du palais de justice de Pau pour défendre le docteur Bonnemaison. Cette commerçante de Bayonne nous explique pourquoi elle soutiendra "haut et fort" celui qui est accusé d'avoir "empoisonné" son mari, alors atteint d'un cancer en phase terminale.

Dans quel état d'esprit êtes-vous à la veille du procès ?
Je suis mal, très stressée, je ne comprends pas ce procès. Voir le médecin qui nous a aidés, mon mari et moi, se retrouver sur le banc des accusés, c'est insupportable. Après la mort de Fernand, j'ai l'impression que l'on me punit une seconde fois.

Votre mari a longtemps lutté contre la maladie...
Oui, Fernand a eu une première leucémie il y a 15 ans, suivie d'une greffe de moelle osseuse. Puis de nouvelles tumeurs cancéreuses sont apparues. Il y a eu cette deuxième leucémie. Mais c'était un battant, il s'en est à nouveau sorti. Le cancer de la prostate est arrivé et puis, le pancréas... Cela a été très vite, il a décliné en très peu de temps. En quinze ans de maladie, j'ai vu et supporté certaines souffrances mais là... il agonisait, il avait des râles de douleur. Quand on vous attache à un lit, que l'on vous fait des ponctions, que l'on continue à s'acharner sur vous, c'est de la torture. Fernand était apeuré. Et partir dans la peur, c'est terrible. Il m'a toujours dit "si un jour je suis trop diminué, je passerai à l'acte". C'était trop tard, physiquement, il ne pouvait plus le faire. C'était un devoir de l'aider à mourir.

Avez-vous clairement demandé au docteur Bonnemaison d'en finir ?
Il n'y a pas besoin de prononcer ces mots pour comprendre. Je lui ai dit : "Il faut arrêter ça. La souffrance a assez duré". Le docteur a fait ce qu'il fallait. Pourquoi laisser Fernand agoniser ? La maladie avait gagné. Il fallait seulement quelqu'un comme lui pour que mon mari parte dignement. On l'a accusé d'avoir utilisé des produits à base de curare. Mais la morphine n'aurait rien fait sur mon mari, il était tellement habitué...

Qu'espérez-vous de ce procès ?
Un acquittement et que cette maudite loi (Leonetti, ndlr) change. Il faut que les débats fassent évoluer les consciences, et pourtant je suis croyante ! C'est hypocrite, des tas de médecins font ça tous les jours. Le risque est désormais qu'ils aient peur et que des patients souffrent encore et encore. Ce genre de souffrances peut frapper tout le monde, vous comme moi. Et si ce jour-là arrive, j'espère qu'il y aura un docteur Bonnemaison à mes côtés.
 

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