Procès Heaulme : qu'est devenu Patrick Dils après son acquittement ?

Procès Heaulme : qu'est devenu Patrick Dils après son acquittement ?

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RETOUR SUR – Le procès de Francis Heaulme pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz s'est ouvert lundi devant les assises de la Moselle. Alors qu'un ancien suspect a refait surface, un autre homme attend secrètement la décision de la justice. Patrick Dils, accusé de ce meurtre, a passé 15 ans en prison avant d'être acquitté en 2002.

Depuis lundi, tous les regards étaient tournés vers le procès Heaulme et ses nombreux rebondissements. Pourtant, dans l'ombre, un homme attend secrètement la décision de justice dans l'affaire du double meurtre de Montigny-lès-Metz. La reconnaissance de la culpabilité du tueur en série, ou d'un autre homme, Henri Leclaire, qui fait aujourd'hui figure de suspect, serait une manière de l'innocenter définitivement. Patrick Dils, 43 ans désormais, a été accusé en 1989 après une longue garde à vue du meurtre pour lequel Francis Heaulme se retrouve aujourd'hui devant les assises de la Moselle. Après avoir passé 15 années en prison, et au terme d'une difficile et tumultueuse révision de procédure judiciaire, Patrick Dils a été acquitté fin avril 2002. Il a obtenu un million d'euros d'indemnisation.

De plus jeune condamné à perpétuité en France, il est soudain devenu le symbole de l'erreur judiciaire. Après la vie en détention dont il a raconté les affres, notamment le viol, dans son livre Je voulais juste rentrer chez moi, - des propos qui lui ont valu d'être poursuivi en diffamation par ses anciens "matons", avant d'être acquitté - il a dû se réadapter.

Apprendre à vivre avec son passé

Patrick Dils a trouvé un travail dans une usine de casseroles de la région de Montbéliard (Doubs) à sa sortie de prison. Il s'est ensuite installé avec sa compagne dans la région de Bordeaux, où il a travaillé comme saisonnier dans la restauration. Il a eu une petite fille, Ambre, en octobre 2012. En parallèle, il a partagé ce qu'il désigne comme "une expérience de vie" lors de conférences données dans des universités, collèges et instituts de criminologie.

Il a reconnu fin 2012 qu'il était impossible d'oublier "une chose pareille" et qu'il allait "apprendre à vivre avec". "Je peux avoir des coups de blues, notamment quand je pense à toutes ces années que l’on m’a volées. J’ai été incarcéré entre 16 et 32 ans ; cette partie-là de ma vie, on ne me la rendra jamais, on ne reconstitue pas une cigarette qui s’est consumée", avouait-il alors au Bien Public . Avant d'ajouter : "Mais je ne suis pas du genre à me lamenter". Début février, il assurait à France 2 lors de sa dernière apparition dans les médias, qu'il "faut se servir de ses erreurs pour pouvoir évoluer". Il devait témoigner la semaine prochaine dans le procès du "routard du crime". Le procès ayant été reporté mardi, il faudra attendre pour entendre sa vérité.
 

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