Prof expatriée à Abu Dhabi, une Française risque la prison et appelle à l'aide

Prof expatriée à Abu Dhabi, une Française risque la prison et appelle à l'aide

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TEMOIGNAGE - Une enseignante française partie exercer son métier à Abu Dhabi via un organisme du ministère des Affaires étrangères a découvert une fois sur place qu'elle n'avait pas les moyens d'y vivre. Aujourd'hui dans l'impasse, elle risque la prison pour loyers impayés.

Septembre 2014, Emmanuelle Cantoni pense s'envoler pour l'aventure de sa vie. A 39 ans, cette professeure de Sciences de la vie et de la Terre (SVT) quitte son poste à Vallauris (Alpes-Maritimes) pour partir enseigner à Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis. Et ce, sous le statut de "résidente" par le biais de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) . Son fils de huit ans et son mari web-designer, qui ferme alors son entreprise, sont également du voyage.

Mais une fois sur place, les ennuis commencent pour la petite famille. "Nous avons mis deux mois à trouver un logement : les loyers abordables correspondaient à des appartements illégaux, c'est-à-dire non reconnus par la municipalité d'Abu Dhabi. Le reste, c'était hors de prix", raconte l'enseignante à metronews. Après deux mois passés à vivre d'hôtels en hôtels, la famille se résigne à prendre un logement hors budget, mais reconnu par la loi. Il leur faut alors payer le loyer de toute une année... en une seule fois.

Un loyer de 30.000 euros

Si le couple parvient à négocier pour régler la somme en deux chèques – un service payant –, il y passe toutes ses réserves. "On s'est retrouvé sur la paille malgré nos économies spécialement préparées pour notre expatriation, la prime d'installation de 12.000 euros et une hausse de salaire de 1000 euros", explique Emmanuelle. Nous étions au courant de cette loi et nous avions bien anticipé notre départ." Mais en parallèle, l'euro a baissé. "Mon salaire a perdu 20%", reprend-elle. Alors aujourd'hui, sa famille se trouve dans une impasse : à la rentrée, il lui faudra encore débourser 30.000 euros de loyer au minimum, une somme qu'elle n'a pas.

Pourquoi, dans ce cas, ne pas quitter ce poste et rentrer en France ? Si elle le fait, Emmanuelle se verra réclamer par l'AEFE le remboursement d'une partie de sa prime d'installation, soit 8000 euros. Quant à son poste d'origine, il a déjà été réaffecté. Contactée par metronews, l'agence, dépendant directement du ministère des Affaires étrangères, n'a pour l'heure pas donné suite à nos sollicitations. Et n'apporte guère davantage de réponses à la professeure : en réaction à ses multiples appels au secours, un courrier lui a en effet simplement rappelé de présenter un préavis de six mois avant de pouvoir réintégrer son administration d'origine.

Mais ce temps, Emmanuelle ne l'a pas. Si, faute d'argent, elle s'avise de remplir des chèques sans provisions pour régler son loyer astronomique le 1er septembre, elle risque pas moins qu'un mois d'emprisonnement ainsi qu'une interdiction de sortie du territoire et une confiscation de son visa. Car les Emirats arabes unis, c'est notoire, ne plaisantent pas avec l'endettement. "Personne ne nous aide, nous nous sentons humiliés", se désespère Emmanuelle Cantoni au bout du fil. Qui assure que sept autres familles expatriées à Abu Dhabi connaissent la même situation inextricable : "Certaines ont choisi de se loger dans des habitations illégales et vivent sous la menace permanente d'une expulsion par la police". 

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