Professeur de Sciences Po Grenoble accusé d'islamophobie : "J'ai un noyau dur de gens qui me soutiennent mais c’est une minorité"

Klaus Kinzler, l'un des professeurs de Sciences Po Grenoble accusé d'islamophobie, regrette sur LCI que la liberté d'expression soit menacée, et que peu de ses collègues professeurs le soutiennent.

ENSEIGNEMENT - Klaus Kinzler, l'un des professeurs de Sciences Po Grenoble accusé d'islamophobie, regrette sur LCI que la liberté d'expression soit menacée, et que peu de ses collègues professeurs le soutiennent.

Il regrette que la "diversité des idées" soit "menacée par une idéologie unique, située à l’extrême gauche et qui ne supporte pas la contradiction". Sur LCI, Klaus Kinzler, professeur d'allemand à Sciences Po Grenoble, s'est défendu face aux accusations d'islamophobie lancées à son encontre, et contre l'un de ses collègues. La semaine dernière, leurs noms et leurs photos ont même été placardés à l'entrée de l'institution sur des affichettes indiquant : "Des fascistes dans nos amphis. L’islamophobie tue".

La polémique visant le professeur d'allemand qui enseigne à l'IEP depuis 25 ans serait née fin novembre après un groupe de travail informel constitué d'enseignants et d'étudiants, pour préparer la semaine de "l'Égalité et contre les discriminations". "Je m'étais inscrit pour préparer une journée thématique au titre : racisme, islamophobie, antisémitisme (...) Je comptais contester dans la discussion avec ma collègue et mes étudiants l'alignement de ces trois termes dans une seule thématique", a-t-il raconté sur l'antenne de BFMTV. 

Sur LCI ce lundi, Klaus Kinzler a expliqué que des personnes externes à l'établissement avaient "rendu publique cette histoire qui était totalement interne à l’IEP. C’est d’abord le laboratoire Pacte affilié au CNRS qui a publié un communiqué officiel m’accusant sur aucun fondement de harcèlement et de violence, d’atteinte morale violente contre ma collègue. Et les étudiants les plus extrêmes ont rebondi, se sont servis de ce que j’ai dit dans ce groupe de travail pour le retravailler, le tronquer, le refabriquer pour me présenter sur les réseaux sociaux comme un extrémiste de droite et un islamophobe", a-t-il expliqué. Il dit avoir été alerté le 22 février de l'existence sur Facebook d'appel à témoignages le visant. 

"La majorité m'est hostile"

Actuellement en congé maladie, Klaus Kinzler regrette que peu de ses collègues enseignants le soutiennent. "J'ai un noyau dur de gens qui me soutiennent mais c’est une minorité", a-t-il estimé sur LCI. "La majorité m’est hostile, de plus en plus, de par des mails assez intolérables. Je suis pour beaucoup celui qui porte la responsabilité de cette situation, qui ternit l’image de l’établissement". "Il y a une guerre actuellement entre enseignants, entre une minorité libérale qui défend la liberté du débat, (...) et une majorité qui ne défend pas ça et qui voit les gens qui veulent avoir une parole libre comme des adversaires"

Refusant d'employer le terme d'islamo-gauchisme, il a toutefois dit constater des "dysfonctionnements dans les sciences sociales, où le militantisme est en train de l’emporter sur la science". "Ce militantisme essaye de se draper des vêtements de la science et ne supporte aucune contradiction. Si vous osez contredire ses ressentis, on vous accuse publiquement soit de harcèlement soit d’être un réactionnaire, un islamophobe"

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Une enquête a été ouverte par le parquet pour "injure publique" et "dégradation". Ce lundi 8 mars, la direction de Sciences Po Grenoble a condamné "avec la plus grande fermeté" les accusations d'islamophobie visant deux de ses professeurs et la campagne d'affichage des syndicats étudiants, qui "met en danger l'ensemble de ses étudiants et personnels"

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