"L’épreuve d’amour" sur France 2 : quels droits pour les personnes transgenres en France ?

"L’épreuve d’amour" sur France 2 : quels droits pour les personnes transgenres en France ?

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DROITS - France 2 diffuse ce mercredi soir le téléfilm "L'épreuve d'amour", qui aborde le thème de la transidentité à travers le personnage de Paul. L'occasion de faire le point sur les droits des personnes transgenres en France.

"Je ne suis pas dans le bon corps. Ça fait des années que j’essaie d’être celui que vous voyez." Ces mots, ce sont de Paul (Fred Testot), père de famille transgenre dans le téléfilm "L'épreuve d'amour" diffusé ce mercredi soir sur France 2. Après le viol ou le harcèlement au travail, la chaîne a décidé de consacrer une soirée sur le thème de la transidentité avec la diffusion de ce téléfilm suivi d'un débat puis d'un documentaire. 


La fiction raconte le chemin vers l'acceptation, le rejet des proches au moment de l'annonce et le processus de "transition", c'est à dire la période pendant laquelle la personne engage sa transformation pour changer de sexe. L'occasion de revenir sur le difficile "parcours de transition" des personnes transgenres et les démarches pour changer d'état civil, facilitées depuis une réforme adoptée il y a quelques mois.

Entre 10 et 15.000 personnes transgenres en France

Selon l'association Objectif Respect Trans (ORTrans), ils seraient entre 10 et 15.000 personnes transgenres en France. Homme dans la peau d'une femme, femme dans la peau d'un homme : le terme "transgenre" désigne une personne qui ne s'identifie pas à son "genre d'assignation à la naissance", à son état civil. Cette personne peut engager, ou non, un traitement (hormonal, chirurgical) pour faire correspondre son "sentiment interne, personnel d'être un homme ou une femme" avec son identité sexuelle : c'est ce qu'on appelle le "parcours de transition".


Pour effectuer une transition en France, une personne transgenre doit passer par différentes étapes étalées sur plusieurs années. La première est le rendez-vous avec le psychiatre qui devra déterminer s'il'y a bien une dysphorie de genre. Ce dernier pourra ensuite envoyer la personne vers un endocrinologue avant d'envisager le début du traitement hormonal destiné à modifier l'apparence corporelle du patient avant de finalement obtenir une opération chirurgicale. 


Si la chirurgie génitale est intégralement prise en charge par la sécurité sociale, c'est plus compliqué pour ce qui est du traitement hormonal. En effet, aucun des produits homonaux n'a d'autorisation de mise sur le marché (AMM) et selon l'association ORTrans, de plus en plus de médecins annotent les ordonnances. Conséquences : ni la sécurité sociale, ni la mutuelle ne participeront au remboursement.

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Il est humiliant pour une personne trans d'aller devant un juge pour une telle démarcheCatherine Michaud, présidente de Gaylib et secrétaire nationale de l'UDI pour les droits LGBT

Mais en France, comme dans beaucoup d'autre pays, c'est le processus pour changer de prénom et de sexe à l'état civil qui pose le plus problème. La procédure a toutefois été largement simplifiée par décret en France depuis le 31 mars.


Ainsi, conformément à la loi "Justice du XXIe siècle" votée l'an dernier en octobre et promulguée le 18 novembre, toute personne "qui démontre que la mention relative à son sexe à l'état civil ne correspond pas à celui dans lequel elle se présente et dans lequel elle est connue" pourra obtenir cette modification sans avoir "à justifier de traitements médicaux, opération chirurgicale ou stérilisation". Cette "procédure gratuite et sans obligation d'avocat" devra être menée au tribunal de grande instance.


"C'est un premier pas, une première victoire", affirmait à l'époque Catherine Michaud, la présidente de Gaylib, également secrétaire nationale de l'UDI pour les droits LGBT. "Maintenant, il faudra continuer à lutter pour la déjudiciarisation", quelle que soit la majorité politique après 2017, car il est "humiliant" pour une personne trans "d'aller devant un juge" pour une telle démarche".

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