Projet de loi sur la fin des hydrocarbures : mais au fait, où trouve-t-on (un peu) de pétrole en France ?

Projet de loi sur la fin des hydrocarbures : mais au fait, où trouve-t-on (un peu) de pétrole en France ?

DirectLCI
ÉNERGIE - Le projet de loi visant à en finir avec la modeste production d'hydrocarbures tricolore devrait être adopté définitivement mardi par l'Assemblée. Une texte défendu par le ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot, espérant convaincre d'autres pays de suivre cet exemple. L'occasion de se pencher sur le pétrole "made in France".

"En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées". Nicolas Hulot vient rappeler que le célèbre slogan de l'époque giscardienne était erroné : des idées, l'Hexagone en a, certes, mais du pétrole aussi. Mais le ministre de la Transition écologique et solidaire n'en veut plus : dans la lignée de sa prédécesseur Ségolène Royal, il a présenté début septembre un projet de loi visant à en finir avec la modeste production d'hydrocarbures en France (1 % de la consommation tricolore). Un projet de loi rejeté lundi au Sénat, après l'échec d'une commission mixte paritaire chargée de trouver un accord entre les deux chambres. Le projet de loi sera quoi qu'il en soit adopté définitivement par l'Assemblée, qui aura le dernier mot.


Reste une interrogation posée en titre de cet article : mais où se trouve le prétrole français ? Et la réponse est en fait plutôt simple : l'essentiel de la production "made in France" est réalisée dans le bassin parisien (61% du total) et en Aquitaine, l'Alsace ayant aussi quelques concessions. Il en existe au total 63, qui couvrent tout de même 4.000 km2 du territoire métropolitain. "Les deux tiers de la production sont assurés par dix gisements dont la production unitaire est supérieure à 20.000 tonnes. Parmi ceux-ci, quatre concentrent près de 40% de la production nationale : Parentis et Cazaux en Aquitaine, Champotran et Itteville dans le bassin parisien", précise ce rapport du ministère de l'Ecologie publié l'été dernier. Mais le rendement des puits français, dont le premier avait été découvert en 1949 près du village de Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, reste modeste : en 2014 ainsi, la France a produit seulement 766.474 tonnes de pétrole. Une goutte d'eau puisque cela ne représente que 1% de nos besoins annuels.

En vidéo

Nicolas Hulot annonce la fin des ventes de voiture à essence ou diesel d’ici 2040

"Un pétrole de très bonne qualité"

Ce pétrole est-il de la même qualité que celui extrait dans les pays de l'Opep ? Oui, nous assure-t-on-on à l'Union française des industries pétrolières (Ufip). "Ils n'ont évidemment pas les mêmes propriétés car la géologie n'est pas la même et que d'un champ à l'autre, comme partout, vous en avez du plus ou moins light, du plus ou moins visqueux... Mais il est de très bonne qualité et a l'avantage d'être directement traité et utilisé en France, ce qui le rend compétitif par rapport aux importations, et crée des emplois", fait valoir la directrice de la communication de l'Ufip, Catherine Enck. Au total, la filière (gaz compris) a permis de générer en 2014 un chiffre d'affaires de l'ordre de 330 millions d'euros, et des retombées fiscales de plus de 55 millions d'euros. En matière d'emplois créés, à titre d'exemple, un récent livre blanc de l'Ufip estime à 65.000 personnes "l'’effectif total du secteur parapétrolier et paragazier en France, sachant que 50% des activités sont liées à l’exploration et production d’hydrocarbures."

Reste que la rentabilité des exploitations françaises est aujourd'hui mise à mal par la volatilité des prix du baril, qui tourne actuellement autour des 48 dollars. Et qu'à terme, les demandes d'exploration étant désormais refusées, il arrivera bien un jour où les concessions aujourd'hui en activité seront à sec. Il nous restera alors toujours les idées.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter