Propos anti-gens du voyage : amende avec sursis pour Gilles Bourdouleix

Propos anti-gens du voyage : amende avec sursis pour Gilles Bourdouleix

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POLEMIQUE - Gilles Bourdouleix (ex-UDI) était poursuivi pour avoir regretté que Hitler n’ait "pas tué assez" de Tziganes lors de la Seconde guerre mondiale.

Amende de 3000 euros avec sursis pour Gilles Bourdouleix. Le député-maire (CNIP) de Cholet (Maine-et-Loire) a été condamné jeudi soir pour "apologie de crime de guerre ou crime contre l’humanité" par le tribunal correctionnel d’Angers, pour avoir regretté que Hitler n’ait "pas tué assez" de Tziganes lors de la Seconde guerre mondiale. Il avait marmonné cela alors qu’une trentaine de gens du voyage – installés illégalement sur sa commune – mimaient le salut nazi devant lui… Seulement voilà : les propos du maire avaient été enregistrés par un journaliste local du Courrier de l’Ouest. Traité de "petit merdeux" par la suite, et accusé d’avoir "manipulé" son enregistrement sonore, Fabien Leduc a obtenu la condamnation de Gilles Bourdouleix pour "injures" et "diffamation" à une amende de 600 euros avec sursis.

Aucune peine d’inéligibilité n’a toutefois été prononcée à l’encontre de l’édile, qui se représente en mars aux élections municipales pour un quatrième mandat : cette disposition n’est pas prévue pour le délit d’"apologie de crime de guerre ou crime contre l’humanité"" … Le parlementaire, lui, était absent à son procès. Une attitude "responsable", selon son avocat : "200" de ses supporters avaient prévu de s’inviter à la manifestation organisée par la Ligue des droits de l’homme (LDH) devant le Palais de justice d’Angers... Mais, finalement, aucun des deux camps n'a manifesté.

Des propos marmonnés

De son côté, et malgré l’absence de son client, l’avocat de Gilles Bourdouleix s’était chargé, tout au long du procès, de battre en brèche la validité des poursuites. Ses propos n’étaient ainsi en rien un "discours", selon lui, contrairement à ce qu’estime le procureur de la République. "Cette phrase, il l’a marmonnée entre ses dents, alors que tous les gens du voyage avaient tourné les talons", avait fait valoir Me Pierre Brossard. Ils n’auraient pas non plus été tenus dans un "lieu public", autre élément constitutif du délit, selon lui : les champs où s’étaient installés illégalement les voyageurs appartenaient à des agriculteurs. Enfin, Gilles Bourdouleix n’avait pas le sentiment de faire une quelconque "apologie" : il a été enregistré "à son insu" par le journaliste du Courrier de l’Ouest.

Le procureur de la République, lui, n’était évidemment pas de cet avis : Yves Gambert avait requis six mois de prison avec sursis et 5000 € d’amende pour ce "comportement intolérable". "Il faut inscrire dans l’inconscient collectif qu’il y a des choses qu’on ne peut pas dire", avait martelé le magistrat. Dix associations (Licra, MRAP, Ligue des Droits de l’Homme…) s’étaient également constituées parties civiles pour obtenir des dommages et intérêts de la part de Gilles Bourdouleix, mais seules celles ayant un rapport avec les gens du voyage vu leurs demandes acceptées. "Ce n’est pas un dérapage : il n’en est pas à son coup d’essai", avait souligné l’avocat de la Fondation pour la mémoire de la déportation. "C’est bien le fond de sa pensée qu’il exprimait."

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