Le père de Lola, morte au Bataclan, indigné par les propos de Trump : "C'est blessant et totalement absurde"

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INDIGNATION - Les rescapés et les familles des victimes des attentats du 13 novembre 2015 ont vivement réagi aux propos de Donald Trump, qui a mimé et utilisé les attaques Bataclan pour apporter son soutien au puissant lobby pro-arme de la National Rifle Association (NRA). L'ancien président de 13 onze 15 : Fraternité et Vérité. Georges Salines (en photo) , a dénoncé sur LCI des déclarations inacceptables d'un "homme incapable d'empathie".

Les propos outranciers de Donald Trump ne sont pas rares. Mais cette fois, ils ont provoqué la colère et le dégoût des victimes françaises des attentats du 13 novembre. Vendredi soir, devant  la NRA (National Rifle Association), le lobby pro-armes., le président américain s'est servi des attaques parisiennes pour défendre le droit de porter une arme. 


"(Les victimes) ont été tuées brutalement par un petit groupe de terroristes qui avaient des armes. Ils ont pris leur temps et les ont tués un par un. Boum, viens là ! Boum, viens là !", a-t-il déclaré, mimant le geste d’un pistolet, avant d’expliquer que si au moins une personne avait été armée ce jour-là, "ça aurait été une toute autre histoire". "Il faut un bon gars avec une arme pour tuer un mauvais gars avec une arme", a-t-il asséné. 


Georges Salines a perdu sa fille Lola durant les attentats du 13 novembre. Pour le membre fondateur et ancien président de 13 onze 15 : Fraternité et Vérité, les déclarations de Donald Trump sont inacceptables. "C’est blessant et c’est aussi fondamentalement absurde", a-t-il confié à LCI. "C’est stupide au plan "technique". En plus, il y a le style de M. Trump, la récupération politicienne d’une part et la manière dont c’est fait. Cet homme-là est notoirement incapable d’empathie", a-t-il poursuivi.  

Les victimes, leurs proches et le monde politique français ont également vivement réagi. Sur Twitter, Emmanuel Domenach, ancien membre d'une association de victimes et lui-même rescapé du Bataclan, a  invité le président américain - en anglais - à "aller se faire foutre (avec une arme s'il le souhaite)". 


François Hollande a dénoncé des "propos honteux" et les "simagrées obscènes" de Donald Trump. "L’amitié entre nos deux peuples ne sera pas entachée par l’irrespect et l’outrance," a écrit l’ancien chef de l’Etat. 

Moins de deux semaines après la visite du président Emmanuel Macron à Washington, où les deux hommes ont montré aux caméras de télévision leur bonne entente, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll, a aussi réagi au nom de "la France (qui) exprime sa ferme désapprobation des propos du président Trump au sujet des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et demande le respect de la mémoire des victimes". 


Et le quai d'Orsay de rappeler que "la libre circulation d’armes au sein de la société ne constitue pas un rempart contre les attaques terroristes, elle peut au contraire faciliter la planification de ce type d'attaque". "La France est fière d’être un pays sûr où l’acquisition et la détention d’armes à feu sont strictement réglementées", a ajouté la porte-parole du Quai d'Orsay. "Les statistiques de victimes par arme à feu ne nous conduisent pas à remettre en cause ce choix".


Les armes à feu font plus de 30.000 morts par an aux Etats-Unis. 

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