Qu'est-ce que la police de proximité, que Gérard Collomb veut remettre en place "dès la fin de l'année" ?

Qu'est-ce que la police de proximité, que Gérard Collomb veut remettre en place "dès la fin de l'année" ?

DirectLCI
FORCES DE L'ORDRE - La "police de la sécurité du quotidien", promise par Emmanuel Macron, commencera à être mise en place "dès la fin de l'année", a annoncé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb dans une interview parue mercredi dans Le Figaro. Le retour d'un symbole controversé de la politique sécuritaire de Lionel Jospin, censé rapprocher police et population.

C’était une promesse du candidat Macron : la création d'une "police de sécurité quotidienne" permettant de "construire avec les élus de terrain, avec la population et l'ensemble des acteurs les solutions de sécurité". Cette unité, déjà appliquée par le passé, commencera à être mise en place "dès la fin de l'année", déclare mercredi le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, dans une interview au Figaro


Un engagement en adéquation avec Emmanuel Macron, qui souhaite créer 10.000 postes au sein des forces de l'ordre pendant son quinquennat. "Nous allons créer des postes de policiers et de gendarmes dans les métiers de la sécurité publique, d'investigation, du contrôle aux frontières et du renseignement, non pas par tranches de 1.000 postes par an, mais en mettant l'accent sur les trois premières années, en portant l'effort sur les budgets 2018, 2019 et 2020", affirme Gérard Collomb.

Mise en place sous l'ère Jospin, supprimée par Sarkozy

Cette mission confiée à la police nationale est présentée comme un facteur d'apaisement entre jeunes et police dans les quartiers difficiles. Un moyen aussi de prévenir et de réduire la délinquance. Cette politique s'inspire des modèles de police communautaire étrangers  : elle a été créée au Québec par la loi sur la police de 1997. La France est la seule à avoir conduit une expérience au niveau national. Symbole controversé de la politique sécuritaire de Lionel Jospin, en 1998, cette mesure a divisé la gauche et la droite,  qui lui préfère une police d'intervention et d'interpellation. Elle est également l'objet de sentiments contrastés au sein de la police, en raison de sa mise en place à marche forcée au carrefour des années 2000 couplée à l'instauration des 35 heures, qui ont fait tanguer l'organisation quotidienne de la maison police. 


En 2003, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, s'était chargé d'enterrer cette invention de la gauche en la torpillant devant les caméras et des policiers médusés : "Vous n'êtes pas des travailleurs sociaux. Organiser un match de rugby pour les jeunes du quartier, c'est bien mais ce n'est pas la mission première de la police".


La "police de sécurité quotidienne" d'Emmanuel Macron sera-t-elle un copié-collé de cette police de proximité des années Jospin ? "Quel que soit le nom qu'on lui donnera, il faudra absolument remettre à l'ordre du jour une organisation policière au plus près de nos concitoyens", déclarait en février le fondateur du mouvement En marche.

Plus d'articles

Sur le même sujet