Porte-clés connecté et surveillance vidéo : quand Big brother s’invite à l’école, les élèves se rebiffent !

Porte-clés connecté et surveillance vidéo : quand Big brother s’invite à l’école, les élèves se rebiffent !

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FUTURAMA - Des objets connectés détectant les élèves qui font l'école buissonnière et des caméras de surveillance filmant en permanence les étudiants s'invitent dans les salles de classe. Deux établissements parisiens sont pointés du doigt pour leur utilisation, abusive pour l'un et illégale pour l'autre, des technologies de surveillance.

Une avancée technologique qui n'est pas du goût de certains élèves. L’institut Rocroy Saint-Vincent de Paul, à Paris dans le Xe arrondissement, a décidé de mettre en place, dès la rentrée prochaine, un porte-clés connecté capable de détecter l’absentéisme des élèves. Plus concrètement, en se connectant à une application mobile, l'enseignant sera en mesure de savoir instantanément si tous les étudiants sont présents à son cours. C’est un élève de l'établissement qui a découvert l'instauration de ce dispositif en consultant le règlement intérieur.


"Les élèves reçoivent en début d’année un porte-clés connecté (bluetooth) qu'ils doivent avoir en permanence sur eux. Celui-ci sera désormais une aide afin de s’assurer de la présence de chacun d’eux en classe, sur les installations sportives, au CDI et lors des sorties mais aussi au cours des exercices de sécurité", peut-on lire sur le site de ce collège privé sous contrat d’association avec l’Etat. 

Une pétition en ligne pour protester contre la mise en place de ce dispositif, lancée le 20 juillet dernier par cet élève (et désormais fermée), a recueilli 3303 signatures. Contacté par LCI, l'établissement n'a pas répondu, pour le moment, à nos sollicitations. Une lycéenne interrogée sur le sujet par nos confrères de BFM TV déplore l’absence de communication de l’établissement sur l’instauration de ce nouveau dispositif. "L'un des élèves a remarqué cette modification au règlement intérieur (…) Aucun échange avec les familles n’a été organisé avant de prendre cette décision. Le problème est que l’on doit faire signer le règlement intérieur à nos parents dès le premier jour de la rentrée", s’indigne la jeune fille.


Le porte-clés en question a été développé par une startup française nommée New School. Sur son site internet, l’entreprise décrit l’objet comme un "outil pédagogique puissant" qui permet de "remplacer les cartes de cantine, les cartes de lycéens ou carnets de liaison",  par le biais d'une application mobile. Jointe par France Inter, Philipinne Dolbeau, 19 ans actuellement et fondatrice de la société New School, assure que l’objet connecté ne permet pas de géolocaliser les élèves, mais "sert uniquement à simplifier l’appel en classe".

Un établissement parisien mis en demeure par la Cnil

 Entre 15 et 30 lycées privés auraient d'ores et déjà mis en place le dispositif en dehors de l’Île-de-France, d'après la cheffe d’entreprise qui assure qu'aucune donnée personnelle n'est collectée et que ces dernières sont totalement chiffrées. "Seul le chef d’établissement est responsable de ces données", insiste-t-elle. De son côté, l’autorité chargée de la protection des données personnelles, la Cnil, a indiqué qu’elle sera vigilante sur "le respect des principes de méthode et de fond" quant à l’utilisation de ce nouvel objet connecté par les établissements scolaires.


Hasard du calendrier, mardi 24 juillet, le gendarme des données personnelles a épinglé, à la suite d'un contrôle, un établissement supérieur privé parisien pour avoir installé un système de vidéosurveillance qui filmait en continu les salles de classe et  lieux de vie des étudiants. L’Institut des techniques informatiques et commerciales (Itic) a été mis demeure par la Cnil de cesser sous deux mois cette pratique et d’autres infractions aux règles sur la vidéosurveillance. L'autorité considère "comme excessif tout système de vidéosurveillance qui revient à placer des salariés ou des étudiants sous surveillance constante", a-t-elle expliqué.

Une IA capable de repérer la distraction des élèves

Mais le pire reste à venir. Depuis peu, les élèves du lycée Hangzhou Number 11 High School, dans l’est de la Chine, doivent s’efforcer de rester attentif. L’établissement a commencé à s’équiper d'une technologie d’intelligence artificielle, couplée à trois caméras fixées au-dessus du tableau. Cet "œil intelligent" scrute les expressions faciales des élèves et alerte l'enseignant à la moindre marque de distraction. Son logiciel a répertorié sept états émotifs : neutre, heureux, triste, déçu, en colère, effrayé et surpris.

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21 émotions pour 21 visages : saurez-vous les reconnaitre

 Une fois l’émotion du lycéen évaluée, l’ordinateur en fait le rapport à l’enseignant. Si l’élève ne semble pas s’intéresser au cours, le professeur est tenu d’agir en conséquence. On vous aura prévenu...

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