Que sait-on de ces mystérieux chiens bleus, observés en Russie ?

Une usine chimique désaffectée est très fortement suspectée.

SCIENCE-FICTION - Des images des plus étonnantes sont diffusées en ligne, montrant des chiens bleus observés en Russie. Une usine chimique est suspectée et les autorités locales s'emparent de la question.

On connaît les animaux albinos, reconnaissables à leur teinte blanche caractéristique, mais des images qui circulent sur les réseaux sociaux montrent aujourd'hui des groupes de chiens bleus. Des clichés qui auraient été pris en Russie et qui suscitent beaucoup de réactions en ligne. Beaucoup s'interrogent sur leur véracité, tandis que les causes d'une telle coloration alimentent diverses théories. Bien qu'inhabituels, ces clichés semblent pourtant authentiques : des experts russes sont interrogés et font le lien avec une ancienne usine chimique, aujourd'hui désaffectée.

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L'illustration d'une pollution chimique ?

Des outils de recherche inversée ne permettent pas d'identifier d'anciennes occurrences de ces images. La thèse de photos anciennes repartagées apparaît donc écartée. Pour en retrouver l'origine, il faut se pencher sur le récit des médias russes, qui nous apprends que les clichés de ces chiens ont été relayés en masse sur les réseaux sociaux. Leur diffusion s'est ensuite poursuivie, dépassant les frontières du pays via notamment des canaux d'informations sur l'application Telegram. Le Daily Mail, outre-Manche, a fait partie des premiers médias européens à les relayer.

Que sait-on à leur propos ? Tout d'abord, qu'elles ont été prises du côté de Dzerjinsk ville située dans la région de Nijni Novgorod, à 6 heures de route de Moscou en direction de l'est. Un secteur où la neige est abondante en cette période. Si l'on pourrait rapidement penser à une fausse information, la réaction des responsables locaux attestent de la véracité du problème : "Les autorités de Dzerjinsk négocient avec la direction de l'entreprise 'Orgsteklo' l'autorisation d'attraper des chiens bleus vivant dans le territoire fermé de l'usine afin de leur venir en aide", a déclaré l'administration de la ville, citée par le site RIA Novosti.

L'usine dont il est ici question est au cœur des hypothèses expliquant la couleur de ces chiens. Il s'agit d'un site industriel aujourd'hui désaffecté, mis à l'arrêt depuis 6 ans après la faillite de l'entreprise. On y produisait du verre acrylique (souvent appelé "plexiglas") et de l'acide cyanhydrique. Le liquidateur a évoqué une piste probable d'explication : "Des chiens sans-abri courent dans les environs. Peut-être que dans l'un des bâtiments, ils ont trouvé une sorte de résidu chimique - du sulfate de cuivre, par exemple, dans lequel ils se seraient roulés."

Dzerzhinsk est surnommée "la ville des chimistes", glisse le média russe BFM.ru. "C'était le plus grand centre chimique de l'Union soviétique. Ils fabriquaient également des armes chimiques." Responsable régional d'une organisation pour la sécurité chimique, Dmitry Levashov a évoqué dans le secteur d'autres faits alarmants. De la "neige rose" observée ces dernières années, ainsi qu'un réel "problème avec les eaux souterraines, qui sont fortement et gravement polluées". Les autorités locales auraient également découvert il y a peu un étonnant "lac bleu", qui serait apparu et "où l'eau [...] s'est transformée en une pâte avec laquelle vous pouvez peindre".

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Si la cause exacte de ces colorations reste encore à prouver de manière définitive – grâce notamment à la capture des chiens, qui est envisagée –, il ne serait pas surprenant que l'origine chimique soit attestée. Ce ne serait en effet pas une première puisqu'en 2017, les médias évoquaient le "mystère des chiens bleus" dans la ville indienne de Navi Mumbai. LCI expliquait que les images d'un canidé, puis de plusieurs autres, avaient "fait le tour de la Toile". Après le dépôt d'une plainte "déposée par une association de protection des animaux et une enquête", la lumière avait finalement été faite.

Les conclusions étaient les suivantes : "les canidés, à la robe naturellement blanche, se seraient en réalité baignés dans la rivière Kasadi, de la zone industrielle de Taloja. Or, l’ONG Watchdog Foundation y aurait recensé pas moins de 977 usines chimiques, pharmaceutiques, d’ingénierie et de transformation des aliments. Alors que l'une d'entre elles avait déversé du colorant, le pelage des malheureux chiens s'en est imprégné."

L'entreprise incriminée a subi les remontrances des autorités et s'est engagée à empêcher l'accès aux animaux sur son site. Comme en Russie, des substances chimiques sont donc directement impliquées, rendues visibles par les chiens errants qui se déplacent à leur guise au cœur de vastes complexes industriels.

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