Quenelle sur les ruines de l'église d'Oradour-sur-Glane : enquête ouverte

Quenelle sur les ruines de l'église d'Oradour-sur-Glane : enquête ouverte

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ORADOUR - Deux hommes ont réalisé une quenelle en plein cœur du village martyr avant de poster le cliché sur le site de Dieudonné. Une enquête a été ouverte par le parquet de Limoges qui a reçu une plainte déposée par une association de lutte contre l'antisémitisme.

La quenelle refait parler d'elle, et pas n'importe où : Oradour-sur-Glane, vestige de l'un des pires massacres perpétrés en France par les SS. C'est au milieu des ruines de l'église, dans laquelle 450 femmes et enfants ont péri le 10 juin 1944, que deux fans de Dieudonné ont immortalisé le geste polémique. La photo, dont la date n'est pas connue, a ensuite été publiée sur le site Internet du polémiste, comme le révèle le quotidien Le Populaire . Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Limoges, qui n'a pas souhaité s'exprimer davantage sur le sujet.

Au mois de septembre, au même endroit, les chefs d'Etat allemand et français, Joachim Gauck et François Hollande, s'étaient recueillis pour rendre hommage aux victimes de ce qui est devenu le symbole de la barbarie nazie en France. Au total, dans ce village de la Haute-Vienne, 642 personnes ont été tuées. Vendredi matin, le cliché des deux hommes posant à visages découverts était toujours visible sur le mur de quenelles de Dieudonné.

"Indigne !"

L'un des deux derniers survivants du massacre d'Oradour, Robert Hébras, a exprimé son indignation auprès de l'AFP : "Je suis déçu et en colère que des gens puissent se rendre dans un lieu aussi sacré où 450 personnes ont perdu la vie pour leur liberté à eux et y commettre ce geste. C'est indigne, c'est ignoble, il n'y a pas de mot". Très ému, l'octogénaire a estimé que les deux hommes incriminés "ne pouvaient ignorer où ils se trouvaient" : "Quand on va à Oradour, on sait pourquoi, enfin, ça n'est pas Disneyland !".

Début janvier, la Licra et SOS antiracisme avaient annoncé que les quenelles réalisées dans des lieux où elles "ne laissent pas de doute" sur leur caractère antisémite, seraient poursuivies. Vendredi, une première plainte a été déposée par le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme et a été adressée par fax au parquet de Limoges, a confirmé le procureur de la République Michel Garrandaux. "Le choix de ce lieu ne fait aucun doute sur les intentions perverses des auteurs", a commenté l'association dans un communiqué, qui précise que la plainte a été déposée par Me Charles Baccouche.

Si pour certains, la quenelle est un salut nazi inversé, l'humoriste controversé, lui, s'en défend. "Difficile pourtant, de croire qu’il s’agit de gestes seulement "antisystème" quand ils sont réalisés dans des lieux au lourd passé historique", écrit Le Populaire, qui rappelle que l’un des soutiens de Dieudonné n’est autre que Vincent Reynouard, un ancien professeur révoqué de l’éducation nationale, auteur d'une "thèse" négationniste Le Massacre d'Oradour, un demi-siècle de mise en scène.

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