Qui est le plus touché ? De quelles maladies parle-t-on ? Combien ça coûte ? 3 questions sur la souffrance psychique au travail

Qui est le plus touché ? De quelles maladies parle-t-on ? Combien ça coûte ? 3 questions sur la souffrance psychique au travail

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SOUFFRANCE - Alors qu'un rapport fait état d'un solide développement des troubles psychosociaux dans la proportion d'accidents du travail et de maladies professionnelles, quelles sont ces maladies ? Qui concernent-elles en priorité ? Et combien coûtent-elles ?

Burn-out, bore-out, brown-out... Un rapport de l'Assurance maladie, publié mardi 16 janvier, laisse entrevoir un fait nouveau dans la prise en compte des maladies psychiques au travail. Ainsi, ces troubles psycho-sociaux, qui découlent d'une exposition aux risques psycho-sociaux, ont vu leur part augmenter de 60% en cinq ans dans la part des accidents du travail. Ce sont ainsi 10.000 cas qui ont été formellement reconnus comme tels, quand 596 ont été reconnus comme maladie professionnelle soit "sept fois plus qu'il y a 5 ans", rapporte l'Assurance maladie.

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CLASSEMENT MALADIES PROFESSIONNELLES

Quelles sont ces maladies ?

Ces maladies psychiques ne sont pas répertoriées dans la tableau des maladies professionnelles, qui sert à anticiper un risque professionnel dû à une exposition à des "activités ou situation de travail précises et définies". "Comme tout travail est potentiellement générateur de risques psychosociaux", relève l'Assurance maladie, ce tableau "n'aurait pas de sens". Il existe toutefois une définition de ces troubles psychosociaux, qui renvoie aux "troubles psychiques avérés chez un travailleur, dont l'origine est directement liée à son milieu professionnel", selon une définition élaborée par l'Institut national de recherche et de sécurité.


L'origine de ces troubles est à retrouver dans les chocs liés au stress au travail, c'est-à-dire quand il y a un déséquilibre entre la tâche assignée à un employé et la capacité que ce dernier estime avoir à sa disposition pour le remplir. Un ressenti qui, combiné à des violences internes dans l'entreprise (harcèlement moral ou sexuel, ou des situations de conflits entre collègues ou entre services), ou à des violences externes (soient des insultes, menaces et agressions "commises sur des salariés par des personnes externes à l'entreprise), ont des conséquences sur la santé mentale : troubles "anxio-dépressifs", risque d'"épuisement professionnel, voire de suicide".

Qui est touché ?

Au-delà des 10.000 cas formellement reconnus comme des accidents du travail, l'Assurance-maladie a relevé 10.000 autres déclarations d'accident du travail "rédigées par l'employeur" et "s'apparentant" à des troubles psychosociaux. Le public concerné, lui, figure généralement dans la catégorie socio-professionnelle des employés, ce que le rapport explique aussi par le "grand déséquilibre entre efforts et récompenses au travail" existant dans ce domaine. 


Ces cas se concentrent dans le secteur médico-social (18% des cas pour 11% des salariés), le transport de personnes (15% des cas pour 3% des salariés) et le commerce de détail (13% pour 9% des salariés). 


A noter que ce sont les femmes qui sont les plus touchées par ces affections : elles forment 60% de la population concernée et les victimes sont âgées d'environ 40 ans. Un chiffre, souligne le rapport, en cohérence avec "la plus forte exposition des femmes aux RPS".

Combien ça coûte ?

Selon le calcul effectué par la branche AT/MP (accident du travail et maladies professionnelles) de l'Assurance maladie, le coût financier généré par ces troubles psychiques dans le milieu professionnel reste en-deçà de l'ensemble des coûts liés au remboursement effectués par la branche, avec 230 millions d'euros en 2016 contre, par exemple, 800 millions d'euros pour les troubles musculo-squelettiques. Toutefois, on relève que les maladies découlant des troubles psychosociaux sont individuellement plus onéreuses. Et pour cause : "les durées moyennes d'arrêt de travail sont de 112 jours" contre 65 en moyenne pour tous les accidents du travail. Et enfin, elles déclenchent, pour 7,5% d'entre elles, une incapacité permanente, contre 5% pour les accidents du travail en général.

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