Qui est Sens commun, l'association qui pourrait participer au gouvernement Fillon ?

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DÉCRYPTAGE - Des personnalités issues du mouvement Sens commun, émanation politique de la "Manif pour tous", pourraient être nommées au gouvernement si François Fillon accède à l'Elysée en mai. Mais qui se cache derrière cette association et que réclame-t-elle ? LCI fait le point.

Sens Commun pourrait bien faire son entrée au gouvernement si François Fillon fait la sienne à l'Elysée. Interrogé sur une participation à ce sujet, le candidat de la droite à la présidentielle a répondu : "Pourquoi pas", lors d'une émission de Forum Radio J qui doit être diffusée ce dimanche. "Sens commun fait partie des hommes et des femmes qui sont fiers de leur pays, attachés à leurs traditions, pour lesquels j'ai beaucoup de respect, c'est des composantes", a-t-il dit.


"Cette façon qu'ont une partie des commentateurs et des élites politiques de classer les Français et de jeter une forme de discrédit sur certains d'entre eux est insupportable", a-t-il dit.

 

Sens commun a apporté son soutien au député de Paris dès la primaire de la droite et du centre. Un appui qui avait suscité de nombreuses critiques, jusque dans son propre camp. Alain Juppé avait notamment jugé que ce rapprochement trahissait les positions "traditionalistes" de son opposant sur les questions sociales. Le mouvement conservateur a également contribué à l'organisation du rassemblement du 5 mars place du Trocadéro, à Paris.

Mariage pour tous, IVG...

Sens commun, qui est intégré au parti Les Républicains et revendique 9.000 adhérents d'un âge moyen de 30-35 ans, est issu de la Manif pour tous, mais tente aujourd'hui de s'en distinguer. "Ce qui nous lie, c'est la prise de conscience commune en 2013. Mais nous agissons maintenant de manière complètement distincte", assurait Christophe Billan, le président de Sens Commun, dans un entretien au Point, ajoutant que son mouvement a "vocation de se déployer dans tout le champ politique". 


Aujourd'hui, Sens commun dit avoir renoncé à se "battre sur le terme l'abrogation de la Loi Taubira" mais voulait être "certain" que son candidat souhaite "remettre de l'ordre dans la filiation". François Fillon était le seul des principaux candidats à la primaire de la droite à vouloir réécrire la loi Taubira, pour interdire l'adoption plénière aux couples homosexuels. Sens commun se positionne sur d'autres débats sociétaux, tels que l'intervention volontaire de grossesse (IVG).


En janvier dernier, l'association avait notamment appelé à battre le pavé lors de la Marche pour la vie, une manifestation qui rassemblait des personnes hostiles à l'avortement. Interrogé par Le Monde, le président de Sens commun Christophe Billan avait alors déclaré : "Il faut revenir à l'esprit de la loi Veil, qui consiste à dire qu'il faut encadrer une pratique qui doit rester exceptionnel". Depuis 2012, la gauche au pouvoir a supprimé la condition de "détresse" et allonger le délai de réflexion entre les rendez-vous médicaux.

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Le mouvement "Sens commun" derrière le lobbying anti mariage pour tous

"Abrogation ! Abrogation !"

L'association avait également fait parler d'elle en novembre 2014 lorsque Nicolas Sarkozy, alors candidat à la présidence de l'UMP (devenue Les Républicains) avait prôné devant une parterre d'adhérents une "réécriture de fond en combe de la loi Taubira". Il avait alors été interrompu par de très nombreux participants qui scandaient "Abrogation ! Abrogation !", tandis que d'autres le huaient. 


"Si vous préférez qu'on dise (qu'il faut) abroger la loi Taubira pour en faire une autre... En français, ça veut dire la même chose... Ça aboutit au même résultat. Mais enfin, si ça vous fait plaisir, franchement, ça coûte pas très cher", avait lâché M. Sarkozy. L’ex-président avait par la suite rétropédalé.

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