Qui est SUD-rail, l'autre syndicat locomotive de la grève à la SNCF ?

Qui est SUD-rail, l'autre syndicat locomotive de la grève à la SNCF ?

ZOOM - Avec la CGT, c'est l'autre syndicat à l'origine et à la pointe de la contestation qui perdure à la SNCF. Metronews vous propose d'en savoir plus sur Sud-rail.

Mardi, c'est lui qui a le premier rejeté les "mesurettes" le projet d'accord sur l'organisation du temps de travail à la SNCF, et appelé à poursuivre la grève. Le syndicat SUD-Rail détient avec la CGT les clés de la suite du conflit en cours au sein de l'entreprise ferroviaire.


La troisième force de la SNCF
En attendant la prochaine mesure de la représentativité, SUD-rail, pilier de l'Union syndicale Solidaires dans le monde ferroviaire (pour la Poste par exemple, il y a SUD PTT), pèse lourd à la SNCF : aux dernières élections professionnelles de novembre 2015, le syndicat avait obtenu 16,83% des voix dans l'entreprise, se plaçant ainsi à la troisième position derrière la CGT (34,33%) et la plus modérée Unsa ferroviaire (23,86%). En totalisant ainsi plus de 51% des voix avec la CGT, SUD-rail pourra "contester les accords néfastes pour les cheminot-es", prévenait alors l'organisation . On le vérifie aujourd'hui.

► Un opposant radical
Créé par d'anciens adhérents de la CFDT après les grandes grèves de décembre 1995, SUD-rail ( qui s'est d'abord appelé pendant quelques mois SUD cheminots ) s'est peu à peu forgé une image d'opposant radical à la direction de la SNCF, en plaçant le rapport de force au centre de sa stratégie d'action. Dans un texte de présentation publié sur  ses différents sites internet locaux,  l'organisation revendique ainsi "une autre forme de syndicalisme" et présente sa naissance comme le fruit de "syndicalistes qui tiraient un bilan négatif des confédérations syndicales incapables ou refusant d'organiser une action interprofessionnelle en défense des acquis sociaux et des retraites".

L'organisation s'était en particulier illustré en 2009 en perturbant durant plus d'un mois le trafic à la gare Saint-Lazare, parvenant même à la faire fermer durant plusieurs heures. Au point que Nicolas Sarkozy était allé jusqu'à monter au créneau pour dénoncer une "organisation syndicale irresponsable".

Une organisation moins bureaucratique que la CGT
Tandis qu'à la CGT, les suites à donner au conflit sont davantage dans les mains du secrétaire général Philippe Martinez que dans celles de la CGT-Cheminots, à SUD-rail, on met en avant  la volonté de donner "en priorité la parole aux agents et à la démocratie au plus près du terrain en opposition aux stratégies des appareils syndicaux traditionnels". Certes SUD-rail n'a pas signé le projet d'accord sur l'organisation du temps de travail négocié lundi soir avec la direction de la SNCF, mais l'organisation ne l'a "pas encore refusé", elle "est en consultation des adhérents", a ainsi précisé mercredi matin sur France Info son représentant dans les discussions Bruno Poncet.

Si l'organisation s'inscrit dans un discours de lutte des classes et si ses liens supposés avec l'ex-LCR (le NPA de Besancenot aujourd'hui) ont souvent été évoqués - mais elle recrute au-delà des cercles de l'extrême-gauche selon les spécialistes du syndicalisme - elle revendique en effet une approche purement syndicale, axée sur la défense des intérêts de chaque employé. 

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