Qui était le général Gudin, dont la dépouille est revenue en France plus de 200 ans après sa mort ?

La dépouille du général français Gudin, proche de Napoléon et mort en 1812 pendant sa campagne russe, est revenue en France ce mardi. Un rapatriement qui fait débat, marqué par une cérémonie discrète au Bourget.

HISTOIRE - La dépouille du général français Gudin, proche de Napoléon et mort en 1812 pendant sa campagne russe, est revenue en France ce mardi. Un rapatriement qui fait débat, marqué par une cérémonie discrète au Bourget.

Plus de 200 ans après sa mort, ce proche de Napoléon a retrouvé ce mardi 13 juillet sa terre d’origine. Au cours de la campagne russe de l'empereur, Charles Étienne Gudin de la Sablonnière avait été fauché le 19 août 1812 par un boulet de canon ennemi à la bataille de Valoutina Gora, près de l'actuelle frontière avec le Belarus. Amputé de la jambe gauche, le général, que l'on disait très apprécié de Napoléon, était mort de la gangrène trois jours après sa blessure. 

Sa dépouille a été rapatriée ce mardi en début d’après-midi dans un cercueil blanc, devant notamment des volontaires en costumes d'époque et des membres de sa descendance, avant d'être recouvert du drapeau national. Les ossements ont été ensuite exposés quelques minutes. La ministre déléguée aux anciens combattants, Geneviève Darrieussecq, a présidé la cérémonie au Bourget. 

Le général était un proche de Napoléon. “La perte est grande pour vous ; elle l’est aussi pour moi”, avait écrit l’empereur à la comtesse Gudin dans une lettre de condoléances à la mort de son époux, d’après le site de la Fondation Napoléon. "Le général prit part aux guerres de la République, du Consulat puis de l’Empire", a précisé de son côté le ministère dans un communiqué. 

Il a combattu dans les armées du Nord, du Rhin, puis du Danube dans laquelle il s'est illustré dans plusieurs batailles, dont Wagram en 1809. Le chef de guerre s’est aussi distingué comme le précurseur des commandos, des petits groupes de soldats attaquant l’ennemi par surprise. 

Longtemps, les témoignages ont divergé sur la localisation de sa tombe. Mais une équipe franco-russe d'archéologues avait repris les recherches en mai 2019. Des analyses ADN ont alors permis de prouver que les restes retrouvés en juillet de la même année étaient bien ceux de ce général, dont le nom est gravé sur l'Arc de Triomphe. Son cœur prélevé, lui, est conservé au cimetière parisien de Père-Lachaise.  

Rapatriement polémique en France

Les recherches avaient été relancées à l'initiative de Pierre Malinowski, un historien et ex-militaire français proche de l'extrême droite et disposant d'appuis au Kremlin. Ex-assistant parlementaire de Jean-Marie Le Pen, il est président de la Fondation franco-russe des initiatives historiques et se dit proche de Vladimir Poutine. 

Une personnalité sans doute en lien avec les réticences de l'Élysée. Les descendants du général espéraient un hommage rendu en grande pompe aux Invalides dès son arrivée, comme précédemment prévu en première partie des commémorations lors du bicentenaire de la mort de Napoléon le 5 mai dernier, avant d’être annulé. C'est ce qu'assurait en mai Pierre Malinowski à Radio Sputnik, un média financé par Moscou. Il évoquait comme explication la crise sanitaire, mais surtout la dégradation des relations entre Paris et Moscou autour du sort de l'opposant politique russe Alexeï Navalny, dont l'Occident réclame la libération.

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Mais Geneviève Darrieussecq, lors de la cérémonie au Bourget, a finalement annoncé ce mardi lors de la cérémonie l'inhumation du général aux Invalides le 2 décembre, anniversaire de la bataille d'Austerlitz, conformément aux vœux de plusieurs associations.

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