Parité : il y a plus de femmes qu'avant en politique locale, mais ce ne sont toujours pas elles qui décident

Parité : il y a plus de femmes qu'avant en politique locale, mais ce ne sont toujours pas elles qui décident
SOCIÉTÉ

PARITÉ OU PAS - Selon un rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh), la parité est atteinte pour la première fois dans les assemblées politiques locales. Mais il y a un hic : les femmes restent très majoritairement exclues des postes décisionnaires.

La parité, oui mais. Sur demande de la ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol, le Haut Conseil à l’égalité entre femmes et hommes (HCEfh) a mené, à partir de 2015, une évaluation du partage du pouvoir entre élu(e)s au niveau local, au sein des conseils départementaux et régionaux. Le rapport qu’il rend public ce jeudi 2 février est éloquent : si la parité, conformément à la loi, est à présent respectée, les femmes restent, très majoritairement encore, exclues des fonctions exécutives et décisionnaires.

D’abord - il faut bien en passer par là - ces quelques chiffres : dans les conseils départementaux, 90,1% des présidents sont des hommes. Dans les conseils régionaux, ils le sont à 83,3%. Pire, explique-t-on dans le rapport : "On retrouve un tandem exclusivement masculin président/ premier vice-président dans 57 départements sur 101 et 11 régions sur 18, contre un tandem exclusivement féminin au niveau départemental et régional." Enfin, en matière de parité biaisée, les intercommunaulités ne sont pas en reste : 92,3% des conseils communautaires sont en effet présidés par des hommes. 

Futurs tandems paritaires ?

Si la loi du 17 mai 2013 relative à l’élection des conseillers départementaux, municipaux et communautaires a permis de multiplier par quatre le nombre des conseillères départementales - elles étaient 13,8% en 2011, elles sont à présent 50,1% - l’effort reste insuffisant. "Surtout, note Margaux Collet, responsable des études au HCEfh interrogée par LCI, on voit bien que la loi est un outil essentiel en matière de parité. Sans loi, on aurait pu attendre des décennies voire des siècles avant de voir autant de femmes dans les assemblées. De la même manière, tant qu’il n’existe pas un outil législatif adapté, la cooptation et les résistances continueront d’exclure les femmes des responsabilités." Alors que faire pour éviter cette confiscation, aujourd’hui encore bien réelle, du pouvoir par les hommes ? Comment équilibrer cette fragile balance opposant comme dans un miroir la "parité de place" et celle, moins visible, plus concrète, de la "parité de pouvoir" ?

Pour tenter de répondre à ces questions, le Haut conseil à l’égalité émet trois principales recommandations. "Nous souhaitons aller plus loin dans la limitation du cumul des mandats" reprend Margaux Collet. "Cela permettrait de libérer des places pour les femmes investies en politiques. Ensuite, il est important que les intercommunalités, grandes oubliées de la loi sur la parité, soient également concernées. Pour l’instant, elles n’y sont pas soumises. Elles ne peuvent pas rester des zones de non droit alors même qu’elles constituent un échelon important de l’organisation administrative. Enfin, nous voudrions que soient mis en place à la tête de l’exécutif des tandems paritaires - président et premier vice-président dans les régions, maire et premier adjoint dans les communes - afin que les femmes ne demeurent pas en bas de la hiérarchie." Ces recommandations, le HCEfh espère les voir reprises par le prochain locataire de l’Elysée. Pour l’heure, parmi les candidats déclarés à l’élection présidentielle, seuls Benoît Hamon et François Fillon évoquent le respect de la parité en politique dans leur programme définitif. 

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