Réduction de la part du nucléaire : Hulot renonce, les ONG en colère

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ÉNERGIE - Le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a laissé entendre mardi que la France ne pourrait pas ramener la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50% en 2025, comme prévu dans la loi de transition énergétique. Les ONG montent au créneau contre cette décision.

À entendre Nicolas Hulot, la promesse serait intenable. Alors qu'Emmanuel Macron s'était engagé à baisser à 50% la part du nucléaire dans la production électrique d'ici 2025 (contre 72 % aujourd'hui), le ministre de la Transition écologique et solidaire a affirmé mardi qu'il "sera difficile de tenir ce calendrier (...) sauf à relancer la production d'électricité à base d'énergies fossiles". "Si on veut maintenir la date de 2025 pour ramener dans le mix énergétique le nucléaire à 50%, ça se fera au détriment de nos objectifs climatiques et ça se fera au détriment de la fermeture des centrales à charbon et probablement, si on voulait s'acharner sur cette date, il faudrait peut-être même rouvrir d'autres centrales thermiques", a déclaré Nicolas Hulot.

Un conflit entre objectifs environnementaux

En bref, selon le ministre, il y aurait un conflit impossible à résoudre à court terme entre plusieurs objectifs : baisser la part du nucléaire en France et baisser les émissions de gaz polluants. Il faudra donc étudier les différents scénarios, a-t-il ajouté : "Tout ça va prendre quelques mois et, en fonction de ça, nous fixerons une nouvelle date."

"Ne vous trompez pas de combat"

Pour Greenpeace France, qui a réagi immédiatement à cette annonce sur Twitter, "ce n'est pas en reculant sur le nucléaire que la lutte contre les dérèglements climatiques s'accélérera". "Nicolas Hulot, ne vous trompez pas de combat !", a ajouté l'organisation un peu plus tard, réclamant au ministre de la Transition écologique d'être "le rempart" contre les lobbys du nucléaire ou du pétrole.  Le lobby nucléaire a déjà gagné", a dénoncé de son côté l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot, "furieux" de cette annonce.

Nicolas Hulot a cependant affirmé que cet objectif de 50% de nucléaire dans le "mix électrique" demeure, et que le gouvernement va étudier le nombre de réacteurs qu'il faudra fermer pour y parvenir. Le ministre a confirmé, par ailleurs, que la centrale nucléaire de Fessenheim sera fermée pendant le quinquennat. 

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