Référendum suisse sur l'immigration : l'inquiétude des transfrontaliers français

Référendum suisse sur l'immigration : l'inquiétude des transfrontaliers français

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EUROPE - Pas moins de 145.000 Français se rendent tous les jours en Suisse voisine pour travailler. Après le vote du référendum anti-immigration dimanche, ils craignent pour leur avenir.

Le "travailleur étranger", ce n'est pas toujours un plombier polonais. En Suisse, 276.356 travailleurs viennent ainsi chaque jour des pays frontaliers pour prendre leur poste. La majorité d'entre eux (145.000) sont des Français. Et ils sont clairement cités dans la liste des sujets de grogne du référendum contre "l'immigration de masse" voté dimanche .

Ainsi selon le Comité à l'initiative de la votation, "l'augmentation du nombre de frontaliers exerce non seulement une pression sur les travailleurs suisses dans les cantons limitrophes, mais accroît également le nombre de personnes utilisant quotidiennement les infrastructures et ressources suisses". En clair, ils sont accusés de saturer le système suisse aux dépens des nationaux.

Les cantons frontaliers de la France ont voté non

"On sentait bien une tension qui montait depuis quelques années, alimentée par les partis populistes", reconnaît pour metronews Laurence Coudière, du Groupement transfrontalier européen. Qui souligne néanmoins que les cantons touchant la France "ont rejeté le référendum dimanche", pour la plupart à une majorité nette autour de 61%. "Ce qui prouve que la population qui travaille à côtés des Français transfrontaliers n'a pas l'impression qu'on lui vole ses emplois, ni ses logements ou ses transports".

Dans l'immédiat, le résultat de la votation ne change rien pour l'instant : le Conseil fédéral a trois ans pour adapter sa législation. Mais il fait peser de nombreuses incertitudes sur l'avenir. "Pour les Français comme pour les Suisses, insiste Laurence Coudière. Il ne faut en effet pas oublier tous les Suisses qui se sont installés ou travaillent dans les pays de l'Union : en réaction, Bruxelles risque de se montrer beaucoup plus ferme à leur égard..."

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