Réforme de l'accès à l'université : l'UNEF prête à descendre dans la rue contre "une sélection qui ne dit pas son nom"

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REFORME - Alors que la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal doit s'exprimer lundi 30 octobre sur la réforme de l'accès à l'université, les premiers contours des annonces ont d'ores et déjà fuité dans la presse. La présidente de l'UNEF, contactée par LCI, y voit une sélection qui ne dit pas son nom.

Les annonces ne seront faites que ce lundi 30 octobre. Mais déjà dimanche 29 octobre, nos confrères du Parisien donnaient un avant-goût de ce à quoi devrait ressembler la réforme de l'accès à l'université, présentée par la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. Après l'énorme couac des admissions post bac (APB) et plusieurs miliers d'élèves longtemps laissés sur le carreau, autant dire que les nouvelles mesures seront scrutées à la loupe par les différents acteurs du secteur éducatif. Dans l'esprit, Emmanuel Macron avait annoncé la couleur au mois d'août dernier : arrêter "de faire croire à tout le monde que l'université est la solution".


D'où une réforme aux allures de compromis qui devrait proposer, selon le Parisien, que les lycéens cessent d'exprimer leurs voeux d'orientation par ordre de préférence. Par ailleurs, le conseil de classe, en terminale, aurait avec cette réforme son mot à dire sur le choix des élèves. Surtout, les facultés auraient désormais accès aux bulletins des candidats : elles classeraient ainsi les dossiers en fonction des résultats et, si le dernier mot devrait revenir à l'élève, les établissements pourraient toujours "de manière transitoire", refuser un futur étudiant par manque de place. Vraisemblablement, il serait alors proposé au candidat une formation proche de son choix initial. Enfin, si l'université estime que le candidat n'a pas les compétences pour suivre le cursus voulu, une mise à niveau deviendrait obligatoire, sa durée pouvant s'étendre jusqu'à un an. 

On le sait bien : l'orientation par défaut est synonyme d'échecLilâ Le Bas

Tri des dossiers en amont, possibilité de refus et mise à niveau obligatoire... Cette réforme est-elle une sélection à l'université qui ne dit pas son nom ? C'est en tout cas ce que pense Lilâ Le Bas, présidente de l'UNEF. "Si les informations sont confirmées , cela entérinerait clairement une sélection à l'université. Si les facs peuvent trier les dossiers ou refuser des candidats - même de manière transitoire - c'est de la sélection, il faut utiliser les vrais termes. Cela reviendrait toujours à mettre de côté les jeunes issus de milieux défavorisés, qui seraient alors orientés par défaut. Or, on le sait bien : l'orientation par défaut est souvent synonyme d'échec."


Par ailleurs, Lilâ Le Bas se montre opposée à la perspective d'une remise à niveau obligatoire. "Elle peut aller jusqu'à un an, pour moi c'est un problème. Cela implique une année supplémentaire de frais scolaires, d'hébergement et de transport. Sans compter que ce n'est pas la même chose de passer trois ou quatre ans à valider un diplôme, qui aura la même valeur au final." Et la présidente de l'UNEF d'annoncer auprès de LCI une possible descente dans la rue, après avoir confirmé sa participation au mouvement du 16 novembre, si les annonces, telles que présentées ce dimanche dans la presse, sont confirmées lundi. 

Une année de remise à niveau en question

Quant au premier syndicat étudiant, la FAGE, il paraît moins inquiet des réformes annoncées. Auprès du Parisien, son président Jimmy Losfeld prévient que cette année de remise à niveau devra être "réellement utile à l'étudiant, qu'il puisse valider des crédits de formation et suivre au moins une partie des cours dans la filière qui était son choix de départ". Contacté par LCI, le syndicat a indiqué vouloir atteindre les annonces officielles pour s'exprimer plus avant dans la presse. Les syndicats des enseignants et la férération des parents d'élèves, la FSU et la FCPE, quant à eux, n'ont pas encore répondu à nos sollicitations, ce dimanche. 

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