Réforme de l'université : "Nous poursuivrons la mobilisation tant qu’il le faudra", assure le syndicat étudiant UNEF

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INTERVIEW - Alors que plusieurs universités sont totalement bloquées, LCI a interrogé le syndicat étudiant UNEF sur la mobilisation étudiante. Ce dernier appelle à poursuivre le mouvement tant qu'il le faudra, et verrait d'un bon œil une "convergence des luttes" avec les cheminots et le personnel hospitalier.

Ce jeudi 5 avril, trois universités sont toujours bloquées par les étudiants : Montpellier, Toulouse et Paris-VIII. Quelques facs ont  suspendu leurs cours : Tolbiac (Panthéon-Sorbonne, Paris I) et la faculté de lettres de Sorbonne-Université (Paris IV). Certains bâtiments ou des sites entiers ont également été bloqués à Bordeaux, Limoges, Tours, Nancy ou Lyon II.


Les étudiants demandent le retrait de la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE), qui selon eux instaure une sélection à l’entrée de l’université. Le mouvement est-il parti pour durer ? Les étudiants ont-ils l’intention d’amplifier leur mobilisation en s’associant aux cheminots ? LCI a interrogé Annaël Lombe, trésorier de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF).

LCI : Le mouvement des étudiants n’a pas faibli. Jusqu’où comptez-vous aller ?

Annaël Lombe : Nous poursuivrons la mobilisation tant qu’il le faudra pour obtenir le retrait du projet de loi ORE. Pour le moment, le gouvernement n’est pas à l’écoute des mobilisations des étudiants. Nous l’appelons à entendre ce qu'ils disent, la balle est dans son camp.

LCI : Pourriez-vous vous allier aux cheminots ou au personnel hospitalier pour donner plus d’ampleur à votre mouvement ?

Annaël Lombe : Aujourd’hui je ne me sens pas en capacité de dire quoi faire aux salariés car ils sont les mieux à même de déterminer le rythme et l’intensité à donner à leur mobilisation. Mais oui, nous sommes amenés à nous retrouver dans la rue en même temps pour faire valoir nos revendications.

LCI : Vos revendications sont similaires ?

Annaël Lombe : Oui, il y a des points communs. Aujourd’hui, par leur mobilisation sur les questions de la sélection à la fac, les étudiants veulent faire valoir une certaine vision de l’université et questionner le service public de l’enseignement supérieur dans son fonctionnement. Les étudiants contestent la mise en place de la loi ORE mais en même temps revendiquent davantage de moyens, davantage d’outils pédagogiques pour la réussite du plus grand nombre. Les cheminots ou le secteur hospitalier se mobilisent également pour faire valoir leur vision du service public.

LCI : Edouard Philippe a assuré ce matin que les examens auraient bien lieu à la fin de l’année. Vous êtes d’accord ?

Annaël Lombe : Effectivement c’est de la responsabilité des universités et du gouvernement de faire en sorte que les examens puissent se faire dans les meilleures conditions. Il nous paraît important que les étudiants puissent passer leurs examens. En revanche, les solutions devront être pensées différemment selon les situations dans les facs. Par exemple, dans le cas de Toulouse, il faudra définir sur quelle base évaluer et noter les étudiants puisque depuis le mois de mars l’université n’a quasiment pas fonctionné.

LCI : Se mobiliser, réviser et passer ses examens en même temps, ça paraît compliqué, non ?

Annaël Lombe : Ce n’est pas incompatible de faire les deux. Les moyens d’action qui peuvent être utilisés par les étudiants doivent être discutés, débattus en assemblées générales. C’est pour cela que nous invitons le plus grand nombre d’étudiants à venir en AG. Aujourd’hui toutes les facs mobilisées n’ont pas mis en place de blocage. Des moyens d’actions différents ont été mis en place d’une université à une autre, et qui n’empêchent pas forcément la tenue d’examens.

LCI : Cinquante ans après mai 68, vous espérez que votre mouvement aura autant d’impact ?

Annaël Lombe : Nous ne pensons absolument pas à reproduire mai 68. La mobilisation de 68 s’est faite dans un contexte donné, avec des éléments liés à la société de l’époque. Historiquement vous trouvez sans doute des points de ressemblance mais je pense qu’aujourd’hui ce que les étudiants ont à faire c’est construire leur propre mobilisation, d’après l’époque dans laquelle ils vivent et la société avec laquelle ils doivent se confronter.

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