Réforme de la justice : quand l’audience Hallyday sert de caisse de résonance à la colère des magistrats

EN COLÈRE - De nombreux avocats, magistrats et greffiers ont protesté ce vendredi dans toute la France contre la réforme de la Justice, et notamment à Nanterre où se tenait l'audience en référé sur la succession Hallyday.

Processions funéraires, minutes de silence, dépôts de gerbe… Les principaux syndicats de magistrats, les greffiers et les avocats se sont mobilisés ce vendredi à travers la France pour une "journée morte" contre le projet de réforme de la justice. La garde des Sceaux, Nicole Belloubet, doit le présenter en Conseil des ministres le 18 avril. Il couvre un champ très large : procédure pénale, procédure civile, numérisation de la justice, réforme des peines et de l'organisation territoriale.


Certains magistrats ont d’ailleurs profité de la médiatisation de l’audience Hallyday au tribunal de grande instance de Nanterre pour exprimer leur colère. Juste avant le début de l’audience, qui a débuté vers 14 heures, le bâtonnier des Hauts-de-Seine, Pierre-Ann Lauger, a lu une motion dans la salle d'audience entouré d'une vingtaine d'avocats, dont Pierre-Olivier Sur, l'un des avocats de Laura Smet, et de magistrats. "Ne nous résignons pas à enterrer cette justice", a-t-il déclaré. Au total une soixantaine de personnes ont manifesté devant la salle d'audience.

A Bordeaux, environ 200 avocats, greffiers et magistrats se sont rassemblés sur les marches du Tribunal de grande instance (TGI) avant de déposer une gerbe et de respecter une minute de silence en hommage à "cette justice morte qu'on veut nous imposer". "Le sens caché de ces textes, c'est qu'aujourd'hui on ne veut plus du juge, le juge embête le pouvoir", a lancé le bâtonnier Jérôme Dirou. Minute de silence également à Besançon et à Marseille. 


A Lyon, où environ 400 professionnels de la justice se sont rassemblés, des codes Dalloz ont été symboliquement entassés au sol. A Nantes, les manifestants arborant un masque blanc sont partis en procession funéraire du tribunal jusqu'à une passerelle enjambant la Loire, d'où ils ont jeté une couronne mortuaire barrée du message "Justice morte par ordonnance".


A Paris, une centaine de manifestants s'étaient réunis sur les marches du Palais de justice derrière deux couronnes mortuaires. "Non à une organisation judiciaire illisible et éloignée des justiciables", "non à la régression des droits de la défense". "Ce qu'il nous faut, c'est des euros pas des robots", ont scandé les manifestants. Parmi les principaux griefs contre cette réforme, les organisations de magistrats mobilisés dénoncent une "organisation judiciaire illisible et éloignée du citoyen", une "régression des droits de la défense, un "recul du contrôle de la justice sur les atteintes aux libertés publiques" et une "suppression larvée du juge d'instruction et du juge de l'application des peines". Ils s’opposent également à la "déshumanisation de la justice" et à la "suppression des 307 tribunaux d'instance".

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