Les syndicats de cheminots préparent une riposte musclée aux annonces de Matignon

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RAPPORT DE FORCE - Sitôt après l'annonce par Edouard Philippe de la réforme par ordonnances de la SNCF, les syndicats ont annoncé des mouvements de grève pour le mois de mars. Les mouvements sociaux de 1995 contre la réforme des régimes spéciaux sont dans toutes les têtes.

A annonce soudaine, riposte soudaine. A peine Edouard Philippe avait-il annoncé ce lundi que le gouvernement allait légiférer par ordonnances pour réformer en profondeur la SNCF "avant l'été", que les syndicats dénonçaient un "passage en force" et annonçaient des mouvements de grève pour le mois de mars. 


La suppression envisagée du statut des cheminots, acquis social historique des agents de l'entreprise ferroviaire, et la transformation du modèle économique de la SNCF cristallisent d'ores et déjà l'opposition syndicale, bien que le Premier ministre ait promis une "large concertation" aux partenaires sociaux dans les semaines à venir. 

Grève reconductible

Le dernier grand mouvement social à la SNCF, celui de l'automne 1995 contre la réforme des régimes spéciaux du gouvernement Juppé, est dans toutes les têtes. Une intersyndicale doit se réunir ce mardi après-midi pour définir les suites à donner à la mobilisation. 


Dès ce lundi, la CGT Cheminots, premier syndicat à la SNCF, a pronostiqué la tenue d'"un mois de grève" pour "faire plier le gouvernement", se disant prêt à "relever le défi". Le second syndicat, l'Unsa, a également pris position en faveur de la grève, à l'instar de Sud Rail, qui souhaite un "mouvement dur". De même, les réformistes de la CFDT ont proposé un mouvement reconductible à partir du 14 mars. 

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CGT CHEMINOTS partir trop tôt serait une erreur

"Nous avons entendu que dans les couloirs des ministères, le gouvernement se préparait à un mois de grève", croyait savoir Laurent Brun, de la CGT Cheminots, sur LCI. "Peut-être nous faudra-t-il tenir sur une période beaucoup plus longue que d'habitude. Partir trop tôt serait une erreur", a observé le syndicaliste, alors que, depuis 2007, une loi oblige l'entreprise ferroviaire à assurer la continuité du service public à travers l'instauration d'un service minimum les jours de grève. 


De fait, les syndicats restent prudents pour l'heure et souhaitent probablement compter leurs troupes avant de se lancer. "On voit bien qu'il y a une prudence de leur part", analysait pour LCI l'historien Michel Pigenet, après la remise du rapport Spinetta à l'origine de cette réforme. "Le mouvement syndical n'a pas le vent en poupe. Et la réforme est politiquement audible dans l'opinion."  


Ce lundi soir, sur France 2, Edouard Philippe a tenté malgré tout de désamorcer ce qui pourrait être le premier grand mouvement social du quinquennat. "J'ai bien entendu un certain nombre de représentations des organisations syndicales, qui considéraient que le recours aux ordonnances, prévu par la Constitution, était un 'casus belli'. Moi, je ne me situe absolument pas dans une logique de conflictualité, de guerre, de bras de fer. Je dis simplement que nous devons avancer". Les syndicats choisiront leur propre logique mardi 27 février en fin de journée. 

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