SNCF : qui sont ces "conducteurs occasionnels" sollicités pour limiter l'impact de la grève sur le trafic ?

SOCIAL - Le trafic était un peu moins perturbé vendredi au début du troisième épisode de la grève en pointillés à la SNCF. le fruit d'une mobilisation légèrement en baisse, mais aussi le recours à des cadres habilités à conduire un TGV. Explications.

La mobilisation des cheminots a-t-elle du plomb dans l’aile ? Selon la SNCF, 38% des personnels indispensables à la circulation sont en grève ce vendredi, contre 48% lors du premier épisode les 3 et 4 avril. Si le trafic s’annonce moins perturbé, c’est aussi car la direction a utilisé une astuce : le recours à des cadres habilités à conduire des TGV.

C’est l’une des spécificités de la SNCF : en cas de grève, la direction a le droit de modifier l’organisation de travail des salariés non-grévistes de l’entreprise, en leur demandant d’effectuer des tâches différentes – dans la mesure où ils sont formés et habilités – ou des heures supplémentaires. Une seule chose est en revanche interdite : l’embauche de personnes en intérim ou en contrat à durée déterminée pour remplacer les grévistes. En l’occurrence, la direction a fait appel à ses cadres transport traction. En clair : des chefs d'équipe d'agents de conduite, qui vont donc, le temps d’un week-end, revenir à leur premier métier. 

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SNCF : pourquoi les cheminots font grève ?

Mathias Vicherat, le directeur général adjoint de la SNCF, a détaillé ce vendredi sur France Inter le rôle de ces conducteurs occasionnels : "Nous avons la possibilité d'utiliser parfois des réservistes, c’est-à-dire des cadres qui ont été dans des fonctions opérationnelles, qui continuent à suivre des formations, et qui peuvent faire, 10, 15 fois par an, un aller-retour en train car ils sont en capacité de le faire."

L'entreprise déploie décidément de nombreux moyens de communication pour encourager une partie de l’encadrement à ne pas faire grèveCFDT-Cheminots

Pour la SNCF, ce recours à des cadres a semble-t-il été préparé depuis quelques semaines. En effet, comme le révélait France Info le 1er avril, la direction a décidé de leur attribuer une nouvelle prime, d’un montant de 150 euros, rétroactive au 1er janvier 2018. S’il cette prime de "conducteur occasionnel" a été présentée comme une réponse à des revendications de longue date de la part de ces cadres, les syndicats y ont vu une manœuvre destinée à s'assurer que les cadres intermédiaires remplaceraient si besoin des conducteurs grévistes. 


"L'entreprise déploie décidément de nombreux moyens de communication pour encourager une partie de l’encadrement à ne pas faire grève et au contraire briser la grève de l’ensemble des cheminots", avait alors dénoncé la CFDT.

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