Réforme du permis de conduire : ce qui pourrait changer

Réforme du permis de conduire : ce qui pourrait changer

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CONDUITE – Un groupe de travail chargé de réfléchir à des réformes concernant le permis de conduire devrait rendre ses conclusions en fin de semaine. Entre le passage de la conduite accompagnée dès l'âge de 15 ans et la création d'une "période probatoire", plusieurs pistes sont à l'étude, et sont loin de faire l'unanimité.

La conduite accompagnée dès l'âge de 15 ans , le passage de l'examen pratique du permis à 17 ans et demi... Ces propositions ne restent pour le moment que des pistes, mais elles pourraient bietpot se concrétiser. Pour réduire les délais d'obtention du permis et le nombre d'accidents des jeunes conducteurs, Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, avait lancé en septembre dernier un groupe de travail chargé de réfléchir à une réforme du permis de conduire. Celui-ci doit livrer le fruit de son labeur au nouveau locataire de la place Beauvau, Bernard Cazeneuve, dans les prochains jours. Mais les premières pistes dévoilées lundi soir sont loin de faire l'unanimité.

L'une d'elle est ainsi la possibilité de faire la conduite accompagnée dès l'âge de 15 ans, et non plus 16. Les défenseurs de cette piste sont convaincus qu'en axant sur une meilleure formation des jeunes conducteurs, le nombre d'accidents diminuerait. Un enjeu crucial : les 18-24 ans représentent 4 % des automobilistes mais 21 % des tués en 2013. Mais pour Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, cette mesure pourrait s'avérer inadaptée : "Les jeunes sont immatures à cet âge, de même qu'à 16 ans", explique-t-elle à metronews.

Création de postes d'inspecteurs

La mise en place d'une "période probatoire" préalable à la délivrance du permis constitue une autre piste. Durant cette période, les "conducteurs novices" seraient "assujettis au suivi d'une formation obligatoire" dont le contenu et les modalités restent à définir. Au sein de cette période, des "rendez-vous pédagogiques", au nombre d'un ou deux, sont déjà envisagés. Attention, prévient toutefois Philippe Colombani, président de l'Union nationale des indépendants de la conduite (UNIC). Selon lui, cette formation rallongée pourrait entraîner un surcoût pour ceux qui passent le permis.

Le problème de base auquel a réfléchi le groupe de travail consistait par ailleurs à trouver une solution au manque de places à l'examen : à l'heure actuelle, les 1,5 millions de candidats annuels doivent parfois attendre jusqu'à neuf mois entre deux passages. Pour leur créer des places supplémentaires, le rapport préconise l'ouverture de postes d'inspecteurs, en plus des 1300 existants. Pour Thomas Knecht, secrétaire général adjoint du Syndicat national des inspecteurs cadres et administratifs (Snica-FO), interrogé par metronews, ces inspecteurs "doivent être financés par les impôts et non par les jeunes".

Cette deuxième option est préférée par Philippe Colombani, qui estime pour sa part qu'un "droit de passage à l'examen, aux environ de 50 euros, demeure la solution au problème. Cela sera en outre moins chère que d'attendre des mois pour repasser l'examen et d'être obligé de prendre plusieurs heures de conduite". Faire payer le passage du permis, c'est justement une proposition contenue dans le rapport. Reste désormais au Conseil national de la sécurité routière de se réunir dans les semaines à venir, et à Bernard Cazeneuve de trancher.

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