Contestation étudiante : après l'évacuation de Tolbiac, Sciences Po Paris débloqué

SOCIAL - La protestation contre la loi réformant l'accès à l'université se poursuit, mais les autorités affichent leur fermeté. Tôt ce vendredi matin, la faculté de Tolbiac a été évacuée, de même que les locaux de Sciences Po Paris en début d'après-midi.

Alors que le mouvement de protestation se poursuivait dans les universités, le ministre de l'Intérieur affichait sa fermeté. "L'Etat de droit" sera rétabli "partout" et "en particulier dans les facultés" "où une minorité empêche les étudiants de passer leurs examens", a déclaré mercredi Gérard Collomb à l'Assemblée nationale, lors des questions au gouvernement.


Ce vendredi matin, vers 5 heures, le site de Tolbiac à Paris a été évacué par les CRS. Trois universités sont toujours totalement à l'arrêt et une dizaine de sites perturbés (sur quelque 400) par des étudiants opposés à la loi réformant l'accès à l'université, accusée d'instaurer une "sélection" déguisée via la plateforme Parcoursup.

Les forces de l'ordre ont lancé vendredi au petit matin une vaste opération pour lever le blocage du site de l'université  de Tolbiac à Paris, bloqué depuis le 26 mars par des étudiants opposés aux nouvelles modalités d'accès à la fac, a constaté une journaliste de l'AFP.  Au moins une centaine de CRS ont pénétré sur le site à 5H00 du matin, essuyant notamment des jets de bouteilles de verre. L'intervention avait été réclamée par le président de l'université Paris-1 dont dépend Tolbiac.

L'opération policière a pris fin vers 6H00 et s'est soldée par une interpellation pour outrage et rébellion, a annoncé la 

préfecture de police à l'AFP. Une centaine de personnes qui occupaient cette tour de 22 étages à Paris ont quitté les lieux dans le calme après l'arrivée des forces de l'ordre aux alentours de 5H00 dans un climat tendu. 


L'opération s'est déroulée "dans le calme" et sans "incident", selon le préfet de police de Paris, Michel Delpuech sur LCI. Au contraire, des étudiants évacués ont fait état d'une intervention "musclée".

"Les forces de l'ordre resteront en appui tant que ce sera nécessaire. C'est pour éviter que le site soit réoccupé", affirme Michel Delpuech sur LCI, précisant que les dégâts sur le site étaient "sérieux".


Georges Haddad, le président de l'université Paris-I, affirme que "les dégradations sont énormes", évoquant "plusieurs centaines de milliers d'euros" de dégâts. Il assure toutefois que les examens seront assurés, sur d'autres sites.

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Tolbiac évacué : "Les dégradations sont énormes", selon le président de l'université

Le bâtiment principal de Sciences Po Paris a été rouvert vendredi. Les étudiants qui avaient décidé le blocage ont accepté de le libérer en échange de l'ouverture de salles dédiées à des "conférences et des débats libres", selon la direction. Les enseignements vont reprendre normalement en début d'après-midi.


L'accès principal de Sciences Po Paris avait été fermé mercredi matin sur décision de la direction en raison de l'occupation d'une partie de l'établissement par plusieurs dizaines d'étudiants de l'école en solidarité avec le mouvement de protestation. Jeudi soir, la reprise du blocage avait été votée en assemblée générale, même si 6400 étudiants de l'école s'étaient auparavant majoritairement prononcés contre cette action par un vote électronique. 

À Strasbourg, une intervention policière a également eu lieu jeudi soir pour déloger les étudiants occupant un bâtiment. "A la vue des forces de police, une centaine de personnes ont quitté l'UFR de mathématiques et se sont dispersées sans incident à 23H00", a indiqué la préfecture du Bas-Rhin. "Dès que les policiers sont arrivés, nous sommes sortis... On est tous exténués de la semaine de mobilisation", a raconté à l'AFP un étudiant bloqueur, confirmant que cela s'était déroulé "sans violence".

Une assemblée générale avait voté le blocage jeudi après la manifestation. Une nouvelle assemblée générale des étudiants est prévue à la mi-journée vendredi.

Après une assemblée générale jeudi, les étudiants ont voté la poursuite du blocage de la Faculté de Nanterre jusqu'au 2 mai prochain, selon nos confrères de l'AFP.

Plus d'un millier d'étudiants ont voté pour la poursuite de la grève et 342 ont voté contre, selon le décompte des organisateurs de l'AG. Haut lieu de la contestation étudiante en Mai-68, l'établissement est paralysé depuis lundi en pleine semaine de partiels, et fait partie des quatre universités actuellement totalement bloquées en France.

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L'université de Nanterre bloquée, les examens reportés

Ce jeudi matin, comme l'indique France Info, Sciences Po Lille a à son tour été bloqué par des étudiants. Sur les réseaux sociaux, des photos montrent notamment des poubelles bloquant l'entrée principale de la prestigieuse école. "Darmanin est sorti de notre école, nous ne voulons pas non plus finir comme lui", peut-on lire sur des banderoles.

Sciences Po Rennes est également fermé ce jeudi, a fait savoir la direction : "Nous avons toujours un amphithéâtre occupé, l'établissement est bloqué, les personnels ne pouvaient pas accéder à leur bureau, nous avons donc décidé de fermer pour la journée", a déclaré à l'AFP Marion Turbiez-Miquel, en charge de la communication à l'Institut d’Études Politiques (IEP).

Des étudiants réunis en Assemblée générale ont voté ce jeudi le blocage complet du campus de Saulcy, alors que seuls deux bâtiments étaient jusqu'ici bloqués. Les contestataires appellent à boycotter la consultation électronique organisée par la direction de l'université sur le blocage de la faculté, qu'ils jugent "illégitime", rapportent nos confrères de France Bleu Lorraine Nord.


À Nancy, où le campus Lettres et sciences humaines est bloqué depuis le 22 mars, "tous les cours sont arrêtés", a indiqué l'université de Lorraine. 

Alors que l'université Paul-Valéry de Montpellier est bloquée depuis mi-février, le tribunal administratif a ordonné mercredi aux occupants de "libérer les lieux sans délai". Il a par ailleurs confirmé que certains examens pourraient se dérouler à distance, en rejetant une demande de suspension d'une décision de la présidence prise dans ce sens.  

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Macron : "Ce ne sont pas des étudiants mais des agitateurs professionnels"

 Le président de l'université d'Avignon et des pays de Vaucluse a décidé vendredi de fermer administrativement l'ensemble des sites de l'université jusqu'à lundi, dénonçant l'occupation depuis mercredi d'un amphithéâtre par un groupe composé d'une "part importante de personnes extérieures". Une décision dénoncée comme "purement politique" par les occupants.

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