Rennes : une charge de la police blesse plusieurs manifestants sur la rocade

SOCIÉTÉ
LOI TRAVAIL - L'intervention des forces de l'ordre jeudi à Rennes a déclenché une vive polémique. Les véhicules de police ont roulé en direction des manifestants, sans ralentir, pour les disperser, avant que plusieurs ne soient blessés par des coups de matraque. L'association locale des journalistes a décidé de saisir le Défenseur des droits.

Une charge particulièrement musclée. C'est ce que dénoncent ce jeudi soir des manifestants mais aussi des journalistes présents à la rocade de Rennes, où la manifestation contre la loi travail a dégénéré. Il n'y aurait cependant eu aucune volonté d'agressivité de la part des forces de l'ordre, a réagi dans la soirée le préfet, évoquant des "conditions extrêmement difficiles".

La situation s'est tendue alors que la manifestation "officielle" contre la loi travail s'était terminée sans incident notable devant la préfecture en début d'après-midi. Plusieurs centaines de manifestants ont continué à défiler en se dirigeant vers la rocade de Rennes. Après un jeu du chat et de la souris dans le quartier Villejean à l'ouest de Rennes, environ 300 manifestants ont investi la N12, sur une portion permettant d'accéder à la rocade. C'est à ce moment qu'une charge a eu lieu, peu avant 15h00 : environ cinq camionnettes de la police ont roulé en direction des manifestants, sans ralentir, pour les disperser.

 

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Gaz lacrymogène et de bombe au poivre 

Selon un journaliste de l'AFP présent, les policiers ont ouvert les vitres des véhicules pour vaporiser au passage de grandes quantités de gaz lacrymogène et de bombe au poivre sur les manifestants. Les véhicules ne se sont arrêtés qu'après avoir traversé la foule. Selon la préfecture, "les forces de l'ordre sont intervenues pour empêcher les manifestants d'accéder à la rocade". "Les 20 policiers de la brigade d'intervention ont doublé les manifestants pour bloquer" leur avancée, a contesté la préfecture. Après quoi, assure la préfecture, les manifestants ont été repoussés "manu militari".

Plusieurs dizaines de membres des forces de l'ordre ont alors pourchassé les manifestants pour achever la dispersion, à grand renfort de coups de matraque. Selon les informations obtenues auprès des étudiants opposés à la loi travail, cinq d'entre eux ont été pris en charge aux urgences pour des coups de matraque, et un cinquième va rester en observation pour la nuit. Plusieurs journalistes ont aussi reçu des coups de matraque, comme le démontre cette vidéo de France 3 Bretagne .

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