Rentrée 2014 : le Web peut-il remplacer une salle de cours ?

Rentrée 2014 : le Web peut-il remplacer une salle de cours ?
SOCIÉTÉ

SONDAGE - A la veille de la rentrée des professeurs lundi, metronews s'intéresse à une étude de la Casden sur l'évolution du rôle des enseignants face au développement d'Internet. Pour 84% des Français, les profs restent irremplaçables malgré l'essor du Web. Ceux-ci doivent pourtant apprendre à composer avec ce nouvel outil.

Internet remplacera-t-il demain les enseignants ? Si l'émergence de nombreuses méthodes d'apprentissage à distance, par Internet, pourrait laisser à penser que l'avenir des professeurs est loin d'être rose, les Français restent convaincus du contraire. Selon un sondage réalisé par la Casden (banque coopérative de l'Éducation, de la Recherche et de la Culture) en effet, 84 % des personnes interrogées estiment qu'Internet ne remplacera jamais la bonne vieille salle de classe. A l'heure des méthodes d'apprentissage en ligne et des cours à distance (les MOOC, Massively open online courses ou cours en ligne ouverts à tous), l'importance accordée aux profs a de quoi surprendre.

Un nouveau rôle pour l'enseignant

Il ne sert à rien, en réalité, d'opposer maîtres d'école et Internet. Guillaume, professeur de mathématiques dans un collège du Vaucluse, l'utilise ainsi régulièrement dans sa salle de classe, "pour se connecter à des sites web et projeter sur grand écran des exercices de calcul mental", nous explique-t-il. Chaque soir également, le jeune homme de 34 ans poste sur l'extranet de l'établissement un résumé du cours du jour, ainsi que les énoncés des exercices à faire pour le lendemain.

Comme l'explique à metronews Ronan Chastellier, sociologue et maître de conférences à Sciences Po, "le Web est une chance pour l'éducation : il pousse les élèves à se poser des questions sur ce qu'ils apprennent, or cette curiosité est fondamentale, c'est elle qui est à la base de l'apprentissage". Plus de deux tiers des parents d'élèves interrogés par la Casden abondent en ce sens et estiment qu'utiliser Internet pour faire ses devoirs est une bonne chose. C'est là que, selon le sociologue, le nouveau rôle de l'enseignant apparaît. "Les études montrent que beaucoup d'adultes se sentent submergés par la quantité d'informations auxquelles ils ont accès. Il en est de même pour les enfants. Le professeur doit donc corriger, hiérarchiser et éclaircir ces informations".

Dans ces conditions, apprendre seul, dans son coin, uniquement grâce à Internet, n'apparaît pas comme une bonne alternative pour les jeunes élèves. Même les méthodes d'apprentissage nouvelles, où l'élève apprendrait chez lui avant de venir faire exercices et devoirs en cours, ne sont pas adaptées, estime Ronan Chastellier : "La pédagogie inversée, ça marche très bien à Harvard. Mais cela nécessite un certain niveau d'éducation préalable, ce qui la rend assez inadapté à la salle de classe de primaire".

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